samedi 24 décembre 2011

Oggie Doggie

 
 Pour mieux comprendre les derniers événements de notre périple au Canada, il est nécessaire que nous vous présentions plus largement notre Oggie.

Oggie est un médecin d’origine bulgare, de parents médecins, ayant grandi en Turquie et issus du collège français, Oggie parle très bien le français. Une fois diplômé, il passera plusieurs mois en Belgique où il attendra la mise en ordre de ses papiers afin de pouvoir exercer comme médecin urgentiste en Afrique du Sud. Sa route le conduira plus tard en Nouvelle-Ecosse où il commencera son expérience de musher avant de bouger directement dans les contrées plus nordiques afin de se consacrer plus entièrement à sa passion. Ses dernières saisons, le feu sacré le quittant tout doucement, il s’apprête à une dernière saison de compétitions afin de mettre son kennel en valeur pour le vendre.

Plus personnellement, il y a Oggie le cinéphile, très au fait des dernières technologies de téléchargement de film sur internet, Oggie possède une collection très complète de John Wayne d’une part et de De Funès, Belmondo et autres champions du cinéma français d’autres part. Nos soirées seront ainsi meublées, Oggie nous faisant découvrir les barbouzes et nous la 7ème compagnie.

Oggie, l’homme de lettre, il y a probablement plus que ca à dire, mais la moitié de ses lectures parlent des relations hommes-femmes, tandis que la seconde partie parle de comment gagner de l’argent en utilisant le système pour les winners. Si la première partie nous met rapidement en désaccord sur la compréhension des relations de couple, adepte de la règle du 7 ans de mariages et des femmes à la demande, il faut admettre que de l’autre côté, apparemment il arrive à faire sortir régulièrement de grosses sommes d’argents.

Oggie le professeur, en règle générale, c’est un bon professeur, donnant le temps d’apprendre et tolérant les petites erreurs, conscient qu’on ne peut pas être parfait à la première fois, même si parfois et souvent aux moments les moins adéquats, il sort de ces lignes de conduites et mène à l’incompréhension. C’est ainsi que pour ma première sortie en solo, mes chiens ont fini avec moi courant désespérément après le traineau. Mais heureusement, je serai apparemment un très bon élève et Oggie se révèlera très appréciateurs de mon travail (particulièrement quand il se sera froissé une côte)

Oggie et ses 2 voitures, son 4x4 et son bombardier. Sans compter, Oggie a du réussir à aller 10 fois chez le garagiste en un mois et demi. Il faut néanmoins le remercier d’avoir laissé chacun de ses véhicules à notre disposition soit pour Sophie aller travailler, soit pour nous partir en week end à 600km de là.

Oggie la poisse. Quand de temps en temps, on arrivait à programmer un jour de service minimum (uniquement abreuver et nourrir les chiens), Oggie avait le chic pour partir en mission préparation de la piste et à téléphoner aussitôt que mon repas touchait la « table à manger ». Il a donc fallu aller secourir son 4X4 enfoncer dans un ravin trop enneigé, le secourir d’une panne d’essence pour découvrir qu’il avait entretemps trouvé de l’essence, ou encore le récupérer au milieu de nulle part en pleine tempête de neige…

Oggie le planificateur, une seule chose à dire à ce sujet : quelque soit le temps passer à planifier 2 ou 3 événements consécutifs, les chances que un seul point se passe au moment prévu est quasi nulle. On ne savait jamais vraiment quand quelque chose allait commencer, et parfois on pouvait attendre 3 heures avant de découvrir que quelque chose était simplement annulé.

Oggie le médecin, l’épisode de la côte froissée ne fut pas très convaincant, il a fallu une semaine et plusieurs chutes pour arriver à lui faire se « reposer ». C'est-à-dire le jour ou les 8 advils du petit déjeuner ou les trop nombreux verres de rouges du soir  ne suffirent plus pour masquer la douleur et alors le convaincre que ses côtes étaient cassées.

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Oggie au quotidien, d’humeurs aléatoires, il était souvent difficile d’anticiper l’humeur d’Oggie. Souvent centré sur son business et soudain prévenante,  parfois très amène, il pouvait également être d’un contact fort rude ce qui générait une ambiance très inconfortable d’autant plus qu’imprévisible, difficile à gérer. Ses idées machistes ouvertement exprimées mettaient Sophie mal à l’aise et son comportement à son encontre n’ont fait que l’accentuer par exemple en l’excluant de la majorité des conversations.  Personnellement, la contrepartie me permettait de passer outre mais Sophie a du serrer les dents plus d’une fois pour rester agréable dans les moments difficiles.

Oggie a du se rendre compte de l’inconfort de Sophie, mais hélas n’a eu que trop peu de geste encourageant et trop de moment oppressant pour améliorer la situation. Durant sa convalescence, il a commencé à craindre que Sophie ne soit la cause d’un départ anticipé de ma part et n’a plus vu beaucoup de ses qualités ni des efforts qu’elle faisait pour lui être agréable. La tâche étant d’autant plus difficile pour Sophie que cuisiner, nettoyer  faire la vaisselle et les commissions ne sont supposés être que choses naturelles pour toutes femmes mettant le pied sous son toit. Si elle se chargeait de toutes ces taches quotidiennement, cela était insuffisant pour Oggie, qui en attendait plus sans jamais le demander (rangement de son bordel, nettoyage plus généralisé…).

C’est ainsi qu’une fois guéri, il est sorti de ses gonds d’une manière totalement injustifiées et blessantes pour nous deux. La décision fut prise rapidement et sans concertations, nous devions régler nos affaires et partir, mais ignorant de sa réaction à cette annonce, nous préférions assurer nos arrières d’abord.
Heureusement, nous partions en week-end, le lendemain matin et feignant d’ignorer les événements, Oggie se comporta, presqu’anormalement, agréablement auprès de nous. Une fois le plan de retraite organisé, nous annonçâmes notre départ à Oggie qui le prit remarquablement bien, s’assurant même notre participation à une course avec un ancien champion du monde pour notre dernier week end.

Dommage qu’il gâcha cette dernière sortie en insultant littéralement Sophie au petit matin. Sophie aura la bonne initiative de profiter de notre absence pour se rendre à l’hôtel, Oggie reconnaitra avoir laissé s’envenimer la situation sans exprimer ce qui le dérangeait, mais en découvrant le départ de Sophie, il réagira une nouvelle fois tristement, sans jamais se remettre en question, sans s'excuser.

Je pense sincèrement que Sophie serait restée toute la saison des courses pour moi, mais Oggie nous a juste forcer à partir pour Sophie. Pour travailler avec les chiens de traineaux, j’aurais pu supporter toutes les critiques, et même quelques injustifiées, mais je ne pouvais tolérer ce comportement envers Sophie.

lundi 12 décembre 2011

The Pas, et alentour


La ville de The Pas surnommée « Gateway to the North » (La porte vers le Nord) centre d’une région nommée le territoire de l’aventure n’investi certainement pas autant dans la décoration de sa ville que dans la propagande pour les chasseurs et les pêcheurs. En règle générale, les bâtiments ressemblent à des hangars et les maisons à ces caravanes immobiles qui ont trouvées leur destination finales afin de se garnir d’une ou deux annexes supplémentaires.

Pour occuper les longues journées d’hiver de Sophie, nous nous sommes mis à la recherche d’une activité complémentaire, le confort n’étant pas vraiment superflu chez Oggie, un peu de divertissement ne peut pas faire de tord. C’est ainsi que nous avons dans un premier temps rallier le centre des métis du Manitoba, une âme bienveillante rencontrée dans le train pensait que Sophie pourrait y trouvé une occupation de généalogiste, mais cette activité n’est en fait exercée que à Winnipeg, leur bureau à The Pas n’est qu’un point de contact.

Les étapes suivantes sont probablement les deux seuls points culturels dans un rayon de 50km, la bibliothèque qui invite gentiment Sophie à remplir un papier qu’ils laisseront probablement sans suite et le musée Sam Waller qui a apparemment déjà tous les volontaires dont il a besoin. Ce musée, l’étape phare de la ville est probablement le seul bâtiment donc l’architecture soit agréable à regarder. Petite anecdote en passant, nous devons êtres parmi les seuls personnes de The Pas à savoir où leur soldats sont morts en 40, un monument à la gloire de soldat tombé entre Ypres et Mons nous rappelle.

Le parcours de la ville nous amènera également à postuler, un peu par hasard, pour un poste de serveuse dans un restaurant hawaïen à l’horaire bizarre (5h à 14h). Au final, c’est un poste à temps partiel, dans un super marché qui remportera le concours, ca mettra du beurre dans les épinards pour les jours futurs ou d’autres moyens pour d’autres aventures.

Les petits boulots ne manquent pas ici, avec environ 7 fast food, 3 supermarchés, quelque magasin de stock divers et ce qui est supposé être le plus grand centre commercial du nord (1 des supermarchés, 1 magasin de vêtements et 5 boutiques insignifiantes) pour 10.000 habitants, on a l’embarras du choix et on ne se tracasse pas. Si on veut changer de boite, il suffit de demander et si on veut partir, il suffit de prévenir.

Le travail avec les chiens est très prenant, mais finalement, après 2 grosses semaines on découvre qu’on peut également prendre des jours de congé et que la voiture reste à disposition, on en profitera pour faire une pointe jusque Flin Flon, une ville environ 200km au Nord de The Pas (La première ville au nord de The Pas). 
 La ville est à peine plus intéressante, mais la route est très agréable, on quitte la plaine et les marais pour sillonner une zone plus rocheuse et parsemée de lac gelé. L’épaisseur de la glace est par endroit largement suffisante pour se promener dessus, mais certaine zone encore à l’état liquide nous invite à la prudence. Le chemin du retour sera également ponctué de quelques arrêts pour prendre en photo un très beau couché de soleil sur fond de forêt boréal.

Depuis, Oggie s’est fracturé (moi je dis froissé, mais lui il est docteur…) 2 côtes et le partage des tâches à été quelques peu compliqué par cet élément. Mais finalement, on a réussi à se planifier un second congé, 2 jours à Saskatoon… Et oui, il faut regarder large sur la carte (700km) pour trouver des points d’intérêts, mais on va s’y mettre et essayer de profiter un max de la région, dans ce périmètre…