Des jours à deux...
De retour à High Level, nous ne souhaitons qu’une chose, remercier Rick pour la semaine écoulée. Et les conditions météo seront là pour nous aider. Pendant les 7 jours qui suivront notre retour de Yellowknife, le téléphone sonnera tout les jours entre 5 et 6h du matin pour m’inviter à me préparer à aller dégager le parking du supermarché, même pour une poignée de flocons. Les journées se poursuivant ensuite jusque 18h par des décisions et les contre décisions incessantes nous laissant constamment dans l’impossibilité d’anticipé notre planning. Le souci de remercier Rick est tout doucement remplacé par une envie de dormir. Après quelques jours, en fin d’après midi, Rick nous lance un regard de cocker accompagné d’un : « Vous avez reçu un message de Jane ? »… Apparemment, Jane surveille ses dépenses et suites aux trop nombreuses visites de Rick au fast food, elle devait nous demander de cuisiner pour Rick. On n’avait bien prévu de l’inviter à souper de temps en temps, mais tout les jours ! Il est très gentil, mais on le côtoie déjà dans les 14h par jour et il a tendance à s’éterniser le bougre…
Enfin, dans cette frénésie de prises de décisions, un jour Rick arrive pour nous dire qu’il partirait quelques jours pour Edmonton (600km Sud) en fin de semaine. Au final, il partira le lendemain pour Hay River (300 km Nord), et on ne le verra plus qu’en coup de vent au cours des trois semaines qui nous restent à High Level.
Les premiers jours de son absence s’avèreront épuisant, il neigera 10cm en 3 jours. Le monde entier nous prévient que le ciel plein d’aurores boréales, mais la neige nous empêche de bien voir. Etant seul pour faire le travail, je me réveille donc encore plus tôt pour préparer le chasse-neige, et j’y retournerai même en fin de soirée quand tout le monde est parti pour finir le travail. La journée, on s’occupe des tâches ménagères qui nous sont incombées dans les maisons. Heureusement pour moi, Sophie me laisse dormir dans les maisons inhabitées pendant qu’elle s’occupe du nettoyage. (That’s the canadian way !).
Et puis le ciel se dégage, les températures remontent et la liste des tâches s’épuise. Il nous reste deux maisons à nettoyer par semaine, l’une est tellement bordélique que l’on n’y fait presque rien, l’autre tellement propre qu’il n’y a rien à faire. On fera ce qu’on pourra pour s’occuper, mais nettoyer des maisons qui pour certaine n’ont pas été occupée depuis un an, ca casse la motivation et les journées de travail se font de plus en plus courte.
Quand le thermomètre repassera le zéro degré, un regain d’activité nous prend : la neige s’est effondrée du toit du supermarché, et le produit lave vitre cesse de geler. C’est donc parti pour ma dernière tournée de chasse neige qui se finira sous une aurore boréale, elles sont plus fréquentes depuis qu’on est revenu du Nord. On pourra observer des comportements différents. Mais elles ne seront jamais aussi grandioses que celle observée à Hay River.
Les semaines s’écoulent donc paisiblement, Rick fera étape quelques fois au Ranch, mais son engouement face à notre travail nous confirme dans notre train-train. On en profitera pour faire un peu de ski de fond, visiter le musée local et puis c’est tout ce qu’il restait à faire dans la région. Pour la petite histoire, le musée est tellement sollicité que ce n’est qu’à notre arrivée que la gardienne s’est rendu compte qu’elle avait oublié d’ouvrir la porte.
Notre dernière semaine sera plus mouvementée, le chauffage du B&B tombe en panne, plusieurs maisons sont à faire visiter ou à louer. On sent à nouveau que notre présence a un sens et c’est donc le cœur léger que vient le jour du départ.
Pour notre départ, Rick et Jane nous ont trouvé un couple assez âgé qui se rend à Grand Prairie. Très chaleureux, mais pas très causant, on ne saura jamais ce qui les amènera à la ville.
Maintenant, commence vraiment notre voyage pour Banff, arrivé à 12h à Grand Prairie, il nous faudra attendre notre premier bus qui part à minuit. Le parcours sera terrible, la route est une catastrophe et donc très dur de dormir un minimum, ce qui n’arrange rien, notre voisin un peu « high » fera également un peu peur à Sophie. Heureusement, la nature nous gratifiera d’une dernière aurore boréale pour la route.
Après 6 bonnes heures de bus, nous arrivons à Edmonton. On apprend qu’il fallait réserver le bus pour Calgary, c’est apparemment le seul bus du Canada a réserver à l’avance, résultat des courses, on doit prendre le suivant… 8h plus tard. En plus on est dimanche et Edmonton est plus mort que jamais, on erre donc dans le centre commercial en compagnie d’autres errants de la société en attente de l’ouverture des food courts.
Arrivé à Calgary avec un peu trop de retard, nous sommes heureux de voir que notre bus pour Banff est dans le même cas. Nous arriverons donc à 9h du soir après 5h de covoiturage, 13h de bus et 20h d’attente.
Yellowknife
En plus de nous faire voir du pays, cette visite de Yellowknife devrait nous permettre de remplir l’objectif n°1 de notre séjour à High Level : les aurores boréales. Malgré une situation privilégiée et une vérification régulière du ciel, nous n’avons pas encore eut l’occasion d’observer ce phénomène. Et de fait, lors de notre étape à Hay River, nous pouvons observer, sans y passer la nuit, notre première petite aurore boréale, suffisamment importante pour qu’on puisse l’identifier comme tel, elle possède très peu des qualités qui en font les premières pages des livres d’images.
Ce qui est par contre terrifiant dans la région, c’est l’électricité statique. Pas question de se lâcher la main sous peine de choc au prochain contact sans parler du risque d’être aveugler par l’éclair associé à ce coup de foudre sans cesse renouvelé, les couvertures en polar font systématiquement un bruit de papier bulle passé au bulldozer, sans parler de nos coiffures plus « aériennes » que d’habitude.
Après une nuit à Hay River, nous prenons le long chemin de Yellowknife. A hauteur de Fort Providence, un pont de glace prend la relève sur le ferry pour faire circuler les véhicules léger. Les services locaux travaillent à rendre la route suffisamment épaisse pour laisser passer les camions de plus grand calibre. Plus loin sur la route, on traversera une réserve de bisons qui heureusement resteront sur le bord de la route pour nous regarder passer paisiblement.
Le premier site de Yellowknife est sont aéroport, le plus actif du Canada en terme d’avions. Pas de long courrier, mais étant situé à plus de 10h de route de la première grande ville et étant le point de ravitaillement de tout les petits postes réparti dans les territoires, ce n’est pas vraiment étonnant. En plus de cela, cet aéroport est l’hôte de la compagnie Buffallo et de son célèbre show TV – Ice Pilots
Pendant notre séjour à Yellowknife, nous dormirons chez leur fille qui peuple l’appartement mis à la disposition de Jane par le gouvernement local pour ses visites à Yellowknife. Nous visiterons entre autre le bâtiment législatif, le traditionnel centre d’information touristique, quelques galeries d’art locaux, et sillonnerons la région afin de profiter des nombreuses anecdotes fournies par Rick sur les mines d’or et de diamant ou encore une autre route de glace qui mène à une communauté de natif. La roue de glace était particulièrement impressionnante, de par les variations d’épaisseur causée par d’ancienne cassure que l’on pouvait observer facilement grâce à la transparence de la glace mais également par les mouvements de la neige provoqués par un vent suffisamment fort que pour nous pousser.
La ville de Yellowknife passera dans nos villes préférées du Canada. Peut-être que le prix exorbitant des terrains n’autorise que des personnes ayant les moyens de construire autre choses qu’une cabine aide à ce constat. Mais la conservation de bâtiment en rondin de bois, la présence imposante du lac gelé, de ses boats houses et de sa piste de décollage, un panel de couleur plus varié et plus vif, l’intégration d’un relief plus rocailleux (certain bâtiments intègrent les rochers dans leur construction) et l’atmosphère locale qui participe à cette impression.
Si la météo devait être clémente à High Level, ici la température ressentie tourne autour des -40°C, il est temps de m’acheter un bonnet. Et c’est en allant se réchauffer autour d’un café au dancing moose que nous flashons sur notre premier souvenir pour la maison : une paire de lunette d’eskimo taillé dans du caribou.
Le temps est froid et venteux, mais hélas enneigé et nuageux ce qui est peu propice à l’observation des aurores boréales. C’est donc toujours plus ou moins bredouille que nous reprendrons le chemin de High Level avec comme petit lot de consolation, l’observation d’un loup perdu à la sortie de la ville.
L’étape de Hay River se révèlera finalement plus généreuse et c’est tout les deux sur les bords du lac que nous pouvons observer une vraie grande aurore boréale. Une énorme courbe verte déchire le ciel et évoluera lentement au cours du temps. Le ciel est réellement impressionnant mais le phénomène est tellement particulier qu’il en est indescriptible. Toutefois, il faut lutter contre le froid pour profiter du spectacle et après quelques temps, nous nous réfugierons chez les enfants de Rick et Jane pour nous réchauffer entre deux sorties d’observations. Ils possèdent une énorme baie vitrée orientée vers le lac, mais aujourd’hui ce ne sera pas un point d’observation idéal. (L’appareil photo ne dispose apparemment pas d’option nocturne d’où l’absence de photo).
C’est donc comblé que nous irons nous coucher cette nuit là…
Discovering High Level
L’une de ces cabines de plus de 100m² nous servira de demeure pour les semaines à venir. Cuisine tout équipée, TV satellite, confortable salon, salle de bain, salle de douche, toilettes séparées, lit King size. Bref, un rêve éveillé avec la petite musique du bonheur parfait en toile de fond. Et comme dans tout film qui se respecte, l’aiguille du tourne disque saute et scratche la musique le lendemain matin, vers 5h du matin quand le téléphone sonne pour me demander de me préparer en vitesse. Ce ne sera qu’une fois arrivé sur le parking du supermarché que j’apprends qu’il faut déneigé les trottoirs…
Pendant 2h de pelle à neige, les spéculations vont bon train, Rick serait-il une espèce de Forrest Gump dont l’occupation est de déneigé la ville? Rien qu’à High Level, en plus du ranch, ils possèdent 16 maisons en ville et des terrains qui couvrent une superficie équivalente à la moitié de la ville. Cette activité impromptue est que pour entretenir toute ces propriétés, ils ont achetés des machines relativement couteuse et un contrat de déneigement du parking leur permet de rentabiliser cet investissement. Après le déjeuner, il faudra encore déneiger les allées des 16 maisons, les chemins du ranch et du B&B et plus si affinités. Ce traitement sera systématique dès que la météo l’imposera.
Heureusement, il ne neige pas tout les jours le reste du temps est principalement destiné aux maisons en ville. Une fois par semaine, Sophie est chargée de faire le nettoyage dans trois d’entre elle, tandis que les maisons inoccupées profitent des talents acquis l’année dernière dans la rénovation de notre appartement.
La lutte pour l’égalité des sexes n’est pas encore arrivée jusqu’ici, et honnêtement, je ne suis pas sûr qu’elles ratent quelques choses. Il est très mal vu que Sophie approche une pelle à neige ou participe à un labeur physique, par contre elle a la priorité aux fourneaux et au ménage. En échange, il est tout à fait convenable que je participe aux ménages des maisons et pratiquement sous entendus que donner un coup de main à la vaisselle est le bienvenu. Tout ca n’empêche pas Jane, notre hôtesse, d’être membre du parlement des territoires du Nord Ouest (même si elle est la seule femme sur 19 élus).
Rick et Jane sont nos hôtes du moment, Rick est un ingénieur mécanicien retraité et gère le quotidien de toute ces activités à High Level. Jane, quand elle ne siège pas au gouvernement de Yellowknife, passe la majorité de son temps à Hay River, une ville situé un peu plus au nord (300km) où ils possèdent également des appartements, 2 Bed and Breakfasts, un restaurant et diverses activités immobilières. C’est une manière assez particulière de vivre ensemble, bien que catholique très pratiquant, ils se voient en moyenne un week-end sur deux et habitent régulièrement leurs immeubles de fonction. Ils ont réussis à avoir 3 enfants dont un seul est lié aux activités immobilières de Hay River, leur autre fils ayant migré vers Edmonton, et leur fille vivant de manière autonome depuis l’âge de 16 ans à Yellowknife.
L’étendue de leur propriété ne laisse pas de doutes concernant la bien portance de leur porte monnaie, toutefois leur mode de fonctionnement est loin d’être convainquant. Rick est plus ou moins incapable de planifier un évènement plus de 2h à l’avance ou même de le communiquer dix minutes avant, ce qui nous fait poireauter à la cabine pendant parfois des heures avant de finalement embarqué pour notre prochaine mission toujours inconnue. Sophie à d’autant plus le loisir d’attendre que Rick a tendance à me demander de passer pour dix minutes qui se transforment trop souvent en deux heures. D’autres points tels que la manière d’acheter le matériel, la manière d’expliquer les nouvelles tâches ou une légère obsession de la pelle à neige rende souvent le travail plus pénible qu’il ne l’est en réalité. Jane quand à elle a tendance à acheter en seconde mains et en gros, il y a quelque part sur la propriété un entrepôt remplis de meuble et de machines à café de seconde main en quantité suffisante pour meubler une cinquantaine de nouvelle chambre d’hôtel.
Heureusement, sur un plan humain, ce sont des gens très chouette, ouvert à la conversation et aux échanges, soucieux de notre confort et désireux de nous faire découvrir leur région et leur travail.
Saskatoon, Edmonton, city trip
Nous sommes actuellement dans une région plus au nord du Canada, et ce depuis plusieurs semaines, mais ce sera l’histoire du prochain papier. Entretemps, nous avons eu l’occasion de faire deux city trip…
Saskatoon
Le premier nous amènera à Saskatoon, Oggie nous prête sa voiture pour le weekend end. C’est donc aux premières heures que nous prenons la route sur la première neige depuis des semaines. L’itinéraire conseillé commence par 2h sur une route graveleuse recouverte d’une fine pellicule de neige que personne n’a encore abîmée avec les traces de sa voiture, empêchant de voir les limites de la route. La conduite est d’autant plus compliquée que la route est légèrement bombée, surplombant un ravin à la pente légère. Juste un instant d’inattention, et on imagine facilement la voiture sortir de la route pour s’enfoncer allègrement dans 40 cm de neige, sans danger pour la voiture mais laissant place à la tragédie d’un jeune couple perdu dans le froid, sans réseau gsm et trop loin de la première habitation, comptant sur le fait que les rares passagers de cette route possède tous un 4x4 surpuissant capable de tirer la voiture du ravin. Bref, 2h sur cette route, ca laisse l’imagination s’envoler. Sur le chemin du retour, on essaiera une autre route qui apparait sur google map, mais ce sera pire, entre autre parce que nous roulerons de nuit.
Les villes étapes sont éloignées en moyenne d’une soixantaine de km avec pratiquement rien entre les étapes. En fait on appelle ca des villes car ce sont généralement les plus grands regroupements de population à 60km à la ronde, mais 2 ou 3 rues constituent la plus part de ces villes.
Première expérience de vie sauvage, on peu apercevoir nos premiers cerfs, sur le bord de la roue à l’approche de la ville d’Hudson bay. C’est mignon, ce qui est moins mignon, c’est de rouler sur un putois mort, même morte la bête dégage une odeur qui imprègne la voiture en un instant.
Nous arriverons à Saskatoon vers 3h de l’après-midi. La ville en elle-même n’est pas bien grande, mais est relativement agréable. Plusieurs bâtiments dont l’université sont même très agréables à regarder, ca n’a l’air de rien, mais les constructions en pierre et en dur, c’est quand même autre chose. Un petit souper à l’Irish pub avant de se faire arrêter par la police de la route… oui, les phares, il faut les allumer.
On finira la journée par une promenade dans la forêt magique, un parcours illuminé de noël sponsorisé par chaque entre prise de noël, très kitch même sans la musique (la radio ne fonctionne pas top). Mon préféré, l’animation de curling, ce sport à toujours l’air aussi ridicule.
Pour notre deuxième journée à Saskatoon, on ira visiter le zoo. Etrangement, même si il contient principalement des animaux locaux vivant en plein air (le lion n’avait peut être pas sa place), ce zoo est gratuit en hiver. En attendant de voir ces animaux en liberté, ou empaillé, nous avons donc droit à une bagarre de grizzli, une danse avec les loups, et puis un peu de tout, moose, caribou et hibou.
Deuxième visite, le Wanuskewin Heritage Park, un musée plus ou moins vivant sur les indiens de la région avec plusieurs kilomètres de promenade pour visiter une vallée revisitant les différents aspects de la vie des indiens. Il gèle, il vente, on se contentera de la petite promenade qui dure 20 minutes et passe à côté de 3 tepees et d’un feu de camp. La vallée est vraiment chouette, mais les conditions ne sont pas vraiment à la promenade. Le reste du musée est assez pauvre en objet archéologique, plutôt de l’art local, dont un chemin de croix mixant christianisme et animisme. Une collection de petite vidéo sans intérêt réel, mais heureusement pour ponctuer cette visite, un petit resto assez fantastique où l’on cuisine le bison.
Après ca, il sera temps de rentrer, 6 ou 7h de route quand même…
Edmonton
Le trajet The Pas/ Edmonton, a semblé interminable, avec de trop nombreuses étapes, parfois dans des villes vide. The Pas/Swan River/me souvient pas/Saskatoon/ Edmonton.
La ville d’Edmonton possède tout ce qu’il faut pour en faire une ville agréable à vivre, chouettes musées, restaurants, centre commercial, sport, possibilité d’excursions… Toutefois, elle est semble trop propre et trop honnête pour être vraiment amusante. Tout est là pour s’amuser, mais tout est trop nette, même les décorations de noël, trop peu présentes et trop rangées manque à éveiller la ville.
Malgré tout, on profitera de la ville pour sortir un peu, l’un des points à voir d’Edmonton est le fort Edmonton park. Il nous faudra arriver à l’entrée pour découvrir que c’est fermé l’hiver. Ils pourraient le dire quand même.
Enfin, nous sommes à la moitié du chemin jusqu’au West Edmonton Mall, plus grand centre commercial au monde jusqu’en 2004. Forcément, en annexant l’équivalent de Walibi et d’Aqualibi au complex, ca aide à augmenter la surface, sans oublier la patinoire de Hockey, le mini golf, le bateau pirate, bassin à otarie, parcourt d’accrobranche... Il nous faudra tout le reste de la journée pour faire le tour. Malgré la taille, seule une poignée de magasin sortent de l’ordinaire, dont un magasin pour cow boy, santiag et chapeau à gogo, un marchand d’escargot peint et un magasin gothique.
On sautera le musée de peinture inspiré d’aurores boréales (l’architecture du musée, pas les peintures) pour le royal Alberta Museum qui abrite une plutôt complète et très intéressante collection d’artefact indien. Les autres ailes sont consacrées aux sciences naturelles, avec les classiques dinosaures, le vivarium et la collection d’animaux empaillés.
Noël passera sobrement, un petit repas de fête qui durera 2 jours et les coups de téléphones à la famille qui vont avec, les fêtes sont probablement un des passages les moins joyeux lors de ce genre de voyage alors les contacts font toujours plaisir. Après, on ne va pas raconter tout nos menus non plus, mais il y a un chouette buffet indien en ville et pas mal de japonais sympa, le fait que finalement l’Asie n’est plus très loin doit aider pas mal.
C’est pas tout ca, mais le logement à Edmonton est fort cher, on ne traine pas à planifier la suite du voyage. Objectif, aurores boréales et grand nord. Le logement étant inabordable à Yellowknife, on envoie une première salve de mail à la recherche de travail contre logement et nourriture, accompagné d’une poignée de mail pour location d’appart à Edmonton. Rapidement, une réponse pour un appartement se dessine, mais les démarches sont laborieuses, et le rendez vous pour signer le bail est reporté. Entretemps, après une poignée de refus, on reçoit une proposition d’un couple actuellement en visite à Edmonton, juste en face de notre hôtel et près à nous conduire dans son ranch de High Level, avec possibilité de visiter Hay River et Yellowknife. Que demande le peuple !
The Pas: Funny facts et autres histoires
Une série d’anecdote sur notre passage à The Pas, parce qu’il y a eut du drôle aussi.
Sophie et Extra food.
Pour meubler son temps à The Pas, Sophie s’est donc engagée dans la grande distribution, rayon épicerie. Un petit job classique, faire l’état des lieux des stocks et réassortir les rayons. Apparemment, ca faisait longtemps qu’ils attendaient Sophie, certains produits étaient périmés depuis plus de 6 mois. Bref, définitivement rien de drôle, mais des résultats très positifs sur son anglais et son compte bancaire.
Le travail est également plein de rencontre, typique du Canada profond. Entre un collègue indien d’Inde multi-jobiste (en fait tout le département pharmacie était indien), Serge le superviseur serbe, Lolit la philippine, il y avait quand même des canadiens dans le staff du magasin. Et si en un mois et demi, j’ai fait la connaissance approximative de 2 garagistes et 3 mushers, Sophie en travaillant chez Extra-food était devenue connue du tout The Pas. Au restaurant, la serveuse lui demandait si elle se souvenait d’elle et un des garagistes en apprenant que j’étais belge m’a dit que sa femme travaillait avec Sophie, bref une star.
Il faut avouer que les gens se sentent chez Extra food comme chez eux, pour citer (approximativement) différentes publicités, c’est plus qu’un endroit ou trouver de la bonne bouffe (écrit bouffe dans le texte), c’est un endroit où les voisins se rencontres… Enfin, c’est carrément le frigo pour la fringale de minuit, les gens se promènent là dedans en pyjama.
Enfin, si la célèbre hospitalité canadienne n’a pas toujours été au rendez-vous depuis le début de notre voyage, le jour où on a décidé de partir de chez Oggie, Sophie est revenue du travail avec deux propositions de gîte de rechange et des invitations pour le café ou le souper pour meubler nos journées hors de l’antre du loup.
Régis et les chiens.
Période Quad
A cette période, une poignée de chien était attachée au quad avant d’y être attelé, c’est à cette occasion qu’un des chiens s’est amusé à retirer la clé du contact avant de démarrer. Le temps de s’en rendre compte, on était déjà parti de quelques centaines de mètres, ce qui a valu à Oggie une belle course. C’était bien sûr avant que les chiens ne cassent l’embrayage puis les freins du Quad qui finira au garage (ben tiens ;-) )
Période Double Traineau (Deux traineaux attachés à la queue leu leu)
Première expérience en traineau et une grosse dizaine de chien pour tirer, Oggie m’explique bien que ce n’est pas grave de tomber, ca arrive tout le temps quand on est débutant. Il tombera trois fois ce jour là et moi pas. Enfin, une fois, mais c’était dans un endroit suffisamment compliqué pour que j’ai le temps de remonter sur le traineau avant que Oggie ne se rende compte de quelque chose.
Pour s’assurer que les chiens ne partent pas tout seul quand on veut arrêter le traineau, nous sommes équipés d’ancre à neige. Il est très important de vérifier la manière dont est plantée son ancre avant de s’éloigner du traineau. J’ai découvert cela le premier jour, Oggie était s’était éloigné de son traineau pour corriger le choix de direction des chiens quand ceux-ci ont fait sauter toutes les attaches, je me retrouve donc tracter par une dizaine de chiens énervés par un autre traineau de passage, tout seul à devoir comprendre tout seul comment arrêter cet attelage sans tomber, au risque de rentrer tout les deux à pieds et espérer retrouver les chiens près du camion. Comme il ne faut pas espérer que les chiens écoutent un quelquonque ordre, il faudra déterminer quels gadgets du traineau utilisés dans quel ordre permettent de rendre la tâche tellement pénible aux chiens qu’ils comprendront qu’il faut s’arrêter. Ca ne me prendra qu’une cinquantaine de mètre, mais on est passé de peu à côté d’une promenade de 6 miles à pied.
Le plus dur en traineau, c’est de fait les tournants. Je développerai rapidement une parade que me permettent la vélocité de mes jambes : si je me rapproche trop de me casser la gueule, je saute et je cours, technique rare toutefois mentionnée dans les livres sur le sujet. En gros, je me débrouille rapidement pas mal, mais des problèmes de manœuvrabilités font que Oggie veut tester mon traineau, il passe donc lui derrière et moi devant. Quelques dizaines de mètres plus tard, trouvant que l’attelage avait l’air de se trainer, je me retourne pour découvrir Oggie retenu à son traineau je ne sais comment, en train d’être trainer sur le ventre. Il venait de tomber et se fêler sa fameuse côte en pleine ligne droite.
Période chacun son attelage
Le premier jour ne fut pas facile, au premier attelage, je ferai une chute et me retrouverai dans une position finalement classique, le traineau couché et moi qui le retiens avec l’énergie du désespoir, mais heureusement une technique de récupération déjà très au point, j’arrive à redresser le traineau avec moi dessus et tout va bien.
Le deuxième passage aurait pus se passer mieux, si Oggie ne m’avait pas interpellé à un moment. Désorienté par les aboiements des chiens et tentant de comprendre ce qu’il me crie, je m’éloigne du traineau. Erreur fatale, les chiens dégagent l’ancre et malgré un sprint désespéré, je ne les rattraperai jamais. Mais c’est l’occasion de découvrir la position « deux sur un traineau ». Et les chiens certainement très contents de m’attendre au pied du camion.
Une autre situation ou l’ancre à sauté, c’était avant le départ. J’étais près de mes chiens de tête quand tout le reste de l’attelage démarre. Mais apparemment, encore le bon réflexe, je retiens mes chiens de tête et finalement, si mes 6 chiens me sont passé dessus et on fait un énorme sac de nœud, ils sont encore tous là et il faudra simplement un peu de patience avant de recommencer. Cet apprentissage aura du bon, un autre jour, alors que Oggie est supposé être derrière moi pour un exercice de dépassement, je vois surgir sur la piste ses 10 chiens et son traineau vide. J’arrête donc mon traineau pour aller à la rencontre de ses chiens et effectuer le même exercice, mais avec 9 chiens qui se ruent vers moi pour me faire des câlins, et un dixième qui pette de trouille dans la direction opposée (vous vous rappelez, Psycho). Pour la petite histoire, on étrennait une nouvelle piste ce jour là, et le point de demi-tour était particulièrement délicat. C’est donc après m’avoir longuement expliqué ce qu’il fallait faire et ne pas faire, qu’il a fait exactement ce qu’il ne fallait pas faire, avec pour résultat perte du traineau…
Le jour le plus long
Ce jour là, pour mon premier (et seul) jour à 8 chiens, dès le départ, tout va mal, Oggie avant de partir a bien fait peur à tout les chiens et me laisse seul pour partir second, normal. Sauf que mes chiens de têtes apeurés ne partent pas, mais les autres si. Résultat, un gros sac de nœud, un harnais mangé et quelque dégât sur la ligne. Il me faudra 20 bonnes minutes de transpiration avant de pouvoir finalement partir.
Après 3 miles, la piste dispose d’une boucle permettant de faire demi-tour (ainsi qu’à 5, 6, 7.5…), et aujourd’hui les chiens ils ne veulent que celle là, et ils l’auront… presque ! Après 3 tentatives pour les remettre sur la bonne voie, faire tomber le traineau et casser le guidon (très pratique), s’être enfui 500m sans moi avant que l’ancre ne reprenne miraculeusement, j’arriverai à remonter sur mon traineau et à les faire aller tout droit, luttant avec mon guidon cassé.
La deuxième sortie de la journée se passe mieux, j’arrive au point de demi-tour (7.5 miles) sans problème, quand la ligne casse. Mes chiens de têtes ne tiennent plus que par un petit lien fragile attaché au cou des chiens de pointes, ceux-ci étant donc écartelé entre les chiens de têtes et le reste de l’attelage. Mais comme ce lien est très fragile pour la sécurité des chiens, il peut casser très facilement. C’est avec une réparation à la McGyver que je rentrerai au terrain en priant pour que le tout tienne.
La course
Malgré notre départ précipité, pour me remercier de mes services, Oggie m’emmènera à Preeceville pour une course de début de saison (10 miles), course organisée par Kevin Cook, champion du monde, et à laquelle participeront 3 autres membres de la famille, et 2 autres équipes d’une famille de la région, donc avec nous, huit en tout.
La température ne sera pas un problème ce jour là, environ 0°. Pour ce qui est de la neige, c’est très limite, les organisateurs ont principalement profité que le vent souffle la neige dans le ravin qui longe la route, ce qui offre malgré tout une piste de qualité.
Je commence très mal positionné sur la piste de départ, à l’extrême droite, alors qu’après 50m, la piste se réduit à l’extrême gauche. Mais je ferai, pour moi, un très bon départ et me placerait finalement quatrième quand la situation commence à s’éclaircir.
Rapidement, je passerai même troisième, l’équipage qui me précède à voulu passer de part et d’autre d’un arbre situé trop près de la piste, ca ne pardonne pas et c’est très amusant à voir, un peu comme un accident de course version « star wars / la menace fantôme ». Heureusement pour moi, Oggie m’a confié des chiens expérimentés et ils passeront à côté sans broncher.
Mes chiens sont même un peu trop expérimenté et ils ont couru la veille, la décision de participer n’ayant été prise que la veille au soir, les chiens n’ont pas eu les jours de pauses nécessaires ni la préparation nécessaire pour faire bonne figure dans cette course. L’effet de départ passé, je me fais donc rapidement dépassé par 2 équipages, puis par Oggie. La corde de mes leaders n’est plus tendues, je traine donc du pied pour ralentir un peu la cadence et ne pas tuer mes chiens.
Arriver un peu avant la boucle, je repasse Oggie, ses chiens ont fait des nœuds. Arrivé à la boucle de mi parcours ca devient sport, je ne vois pas venir le début de la boucle, mais les chiens si, heureusement qu’on a répété la figure classique « tout le bazar se retrouve par terre et puis tout se redresse comme par magie », seulement c’est à ce moment là que les chiens ont perdu la piste aussi, ils savent bien qu’elle est de l’autre côté du champ, mais au lieu de passé par la piste « damée », ils se lancent dans un 100m cross country. Finalement, il y a quand même pas mal de neige dans la région et pour ne pas achever les chiens, je courre avec eux, c’est plus sympa. J’apprendrai plus tard que mes chiens ont ainsi ouvert une nouvelle voie pour certains participants derrière moi, dont Oggie et le fait de courir m’aura permit de maintenir mon avance quelques secondes de plus.
La partie chaude passée, je vois que mes chiens ont de nouveau énormément de mal à avancer, le quatrième est hors de vue depuis longtemps, je traine donc à nouveau le pied en espérant économiser un minimum mes chiens.
A la moitié du retour, Oggie me rejoint et me passe une nouvelle fois. Je profite de son vent, les chiens ca aiment courir après les chiens. Je reste donc à sa portée et quand un nouveau problème technique survient dans son attelage peu avant l’arrivée, ca me permet de lui reprendre une place. Une excellente place attendu que mes chiens étaient crevés après un quart de course. Heureusement pour moi, leurs expériences ont permis d’éviter tous les problèmes qui finalement m’ont permis d’être 5ème.
http://mamowwetak.homestead.com/preecevillewarmup2011.html
Oggie Doggie
Pour mieux comprendre les derniers événements de notre périple au Canada, il est nécessaire que nous vous présentions plus largement notre Oggie.
Oggie est un médecin d’origine bulgare, de parents médecins, ayant grandi en Turquie et issus du collège français, Oggie parle très bien le français. Une fois diplômé, il passera plusieurs mois en Belgique où il attendra la mise en ordre de ses papiers afin de pouvoir exercer comme médecin urgentiste en Afrique du Sud. Sa route le conduira plus tard en Nouvelle-Ecosse où il commencera son expérience de musher avant de bouger directement dans les contrées plus nordiques afin de se consacrer plus entièrement à sa passion. Ses dernières saisons, le feu sacré le quittant tout doucement, il s’apprête à une dernière saison de compétitions afin de mettre son kennel en valeur pour le vendre.
Plus personnellement, il y a Oggie le cinéphile, très au fait des dernières technologies de téléchargement de film sur internet, Oggie possède une collection très complète de John Wayne d’une part et de De Funès, Belmondo et autres champions du cinéma français d’autres part. Nos soirées seront ainsi meublées, Oggie nous faisant découvrir les barbouzes et nous la 7ème compagnie.
Oggie, l’homme de lettre, il y a probablement plus que ca à dire, mais la moitié de ses lectures parlent des relations hommes-femmes, tandis que la seconde partie parle de comment gagner de l’argent en utilisant le système pour les winners. Si la première partie nous met rapidement en désaccord sur la compréhension des relations de couple, adepte de la règle du 7 ans de mariages et des femmes à la demande, il faut admettre que de l’autre côté, apparemment il arrive à faire sortir régulièrement de grosses sommes d’argents.
Oggie le professeur, en règle générale, c’est un bon professeur, donnant le temps d’apprendre et tolérant les petites erreurs, conscient qu’on ne peut pas être parfait à la première fois, même si parfois et souvent aux moments les moins adéquats, il sort de ces lignes de conduites et mène à l’incompréhension. C’est ainsi que pour ma première sortie en solo, mes chiens ont fini avec moi courant désespérément après le traineau. Mais heureusement, je serai apparemment un très bon élève et Oggie se révèlera très appréciateurs de mon travail (particulièrement quand il se sera froissé une côte)
Oggie et ses 2 voitures, son 4x4 et son bombardier. Sans compter, Oggie a du réussir à aller 10 fois chez le garagiste en un mois et demi. Il faut néanmoins le remercier d’avoir laissé chacun de ses véhicules à notre disposition soit pour Sophie aller travailler, soit pour nous partir en week end à 600km de là.
Oggie la poisse. Quand de temps en temps, on arrivait à programmer un jour de service minimum (uniquement abreuver et nourrir les chiens), Oggie avait le chic pour partir en mission préparation de la piste et à téléphoner aussitôt que mon repas touchait la « table à manger ». Il a donc fallu aller secourir son 4X4 enfoncer dans un ravin trop enneigé, le secourir d’une panne d’essence pour découvrir qu’il avait entretemps trouvé de l’essence, ou encore le récupérer au milieu de nulle part en pleine tempête de neige…
Oggie le planificateur, une seule chose à dire à ce sujet : quelque soit le temps passer à planifier 2 ou 3 événements consécutifs, les chances que un seul point se passe au moment prévu est quasi nulle. On ne savait jamais vraiment quand quelque chose allait commencer, et parfois on pouvait attendre 3 heures avant de découvrir que quelque chose était simplement annulé.
Oggie le médecin, l’épisode de la côte froissée ne fut pas très convaincant, il a fallu une semaine et plusieurs chutes pour arriver à lui faire se « reposer ». C'est-à-dire le jour ou les 8 advils du petit déjeuner ou les trop nombreux verres de rouges du soir ne suffirent plus pour masquer la douleur et alors le convaincre que ses côtes étaient cassées.
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Oggie au quotidien, d’humeurs aléatoires, il était souvent difficile d’anticiper l’humeur d’Oggie. Souvent centré sur son business et soudain prévenante, parfois très amène, il pouvait également être d’un contact fort rude ce qui générait une ambiance très inconfortable d’autant plus qu’imprévisible, difficile à gérer. Ses idées machistes ouvertement exprimées mettaient Sophie mal à l’aise et son comportement à son encontre n’ont fait que l’accentuer par exemple en l’excluant de la majorité des conversations. Personnellement, la contrepartie me permettait de passer outre mais Sophie a du serrer les dents plus d’une fois pour rester agréable dans les moments difficiles.
Oggie a du se rendre compte de l’inconfort de Sophie, mais hélas n’a eu que trop peu de geste encourageant et trop de moment oppressant pour améliorer la situation. Durant sa convalescence, il a commencé à craindre que Sophie ne soit la cause d’un départ anticipé de ma part et n’a plus vu beaucoup de ses qualités ni des efforts qu’elle faisait pour lui être agréable. La tâche étant d’autant plus difficile pour Sophie que cuisiner, nettoyer faire la vaisselle et les commissions ne sont supposés être que choses naturelles pour toutes femmes mettant le pied sous son toit. Si elle se chargeait de toutes ces taches quotidiennement, cela était insuffisant pour Oggie, qui en attendait plus sans jamais le demander (rangement de son bordel, nettoyage plus généralisé…).
C’est ainsi qu’une fois guéri, il est sorti de ses gonds d’une manière totalement injustifiées et blessantes pour nous deux. La décision fut prise rapidement et sans concertations, nous devions régler nos affaires et partir, mais ignorant de sa réaction à cette annonce, nous préférions assurer nos arrières d’abord.
Heureusement, nous partions en week-end, le lendemain matin et feignant d’ignorer les événements, Oggie se comporta, presqu’anormalement, agréablement auprès de nous. Une fois le plan de retraite organisé, nous annonçâmes notre départ à Oggie qui le prit remarquablement bien, s’assurant même notre participation à une course avec un ancien champion du monde pour notre dernier week end.
Dommage qu’il gâcha cette dernière sortie en insultant littéralement Sophie au petit matin. Sophie aura la bonne initiative de profiter de notre absence pour se rendre à l’hôtel, Oggie reconnaitra avoir laissé s’envenimer la situation sans exprimer ce qui le dérangeait, mais en découvrant le départ de Sophie, il réagira une nouvelle fois tristement, sans jamais se remettre en question, sans s'excuser.
Je pense sincèrement que Sophie serait restée toute la saison des courses pour moi, mais Oggie nous a juste forcer à partir pour Sophie. Pour travailler avec les chiens de traineaux, j’aurais pu supporter toutes les critiques, et même quelques injustifiées, mais je ne pouvais tolérer ce comportement envers Sophie.
Le Pas, ses alentours...
La ville de The Pas surnommée « Gateway to the North » (La porte vers le Nord) centre d’une région nommée le territoire de l’aventure n’investi certainement pas autant dans la décoration de sa ville que dans la propagande pour les chasseurs et les pêcheurs. En règle générale, les bâtiments ressemblent à des hangars et les maisons à ces caravanes immobiles qui ont trouvées leur destination finales afin de se garnir d’une ou deux annexes supplémentaires.
Pour occuper les longues journées d’hiver de Sophie, nous nous sommes mis à la recherche d’une activité complémentaire, le confort n’étant pas vraiment superflu chez Oggie, un peu de divertissement ne peut pas faire de tord. C’est ainsi que nous avons dans un premier temps rallier le centre des métis du Manitoba, une âme bienveillante rencontrée dans le train pensait que Sophie pourrait y trouvé une occupation de généalogiste, mais cette activité n’est en fait exercée que à Winnipeg, leur bureau à The Pas n’est qu’un point de contact.
Les étapes suivantes sont probablement les deux seuls points culturels dans un rayon de 50km, la bibliothèque qui invite gentiment Sophie à remplir un papier qu’ils laisseront probablement sans suite et le musée Sam Waller qui a apparemment déjà tous les volontaires dont il a besoin. Ce musée, l’étape phare de la ville est probablement le seul bâtiment donc l’architecture soit agréable à regarder. Petite anecdote en passant, nous devons êtres parmi les seuls personnes de The Pas à savoir où leur soldats sont morts en 40, un monument à la gloire de soldat tombé entre Ypres et Mons nous rappelle.
Le parcours de la ville nous amènera également à postuler, un peu par hasard, pour un poste de serveuse dans un restaurant hawaïen à l’horaire bizarre (5h à 14h). Au final, c’est un poste à temps partiel, dans un super marché qui remportera le concours, ca mettra du beurre dans les épinards pour les jours futurs ou d’autres moyens pour d’autres aventures.
Les petits boulots ne manquent pas ici, avec environ 7 fast food, 3 supermarchés, quelque magasin de stock divers et ce qui est supposé être le plus grand centre commercial du nord (1 des supermarchés, 1 magasin de vêtements et 5 boutiques insignifiantes) pour 10.000 habitants, on a l’embarras du choix et on ne se tracasse pas. Si on veut changer de boite, il suffit de demander et si on veut partir, il suffit de prévenir.
Le travail avec les chiens est très prenant, mais finalement, après 2 grosses semaines on découvre qu’on peut également prendre des jours de congé et que la voiture reste à disposition, on en profitera pour faire une pointe jusque Flin Flon, une ville environ 200km au Nord de The Pas (La première ville au nord de The Pas). La ville est à peine plus intéressante, mais la route est très agréable, on quitte la plaine et les marais pour sillonner une zone plus rocheuse et parsemée de lac gelé. L’épaisseur de la glace est par endroit largement suffisante pour se promener dessus, mais certaine zone encore à l’état liquide nous invite à la prudence. Le chemin du retour sera également ponctué de quelques arrêts pour prendre en photo un très beau couché de soleil sur fond de forêt boréal.
Depuis, Oggie s’est fracturé (moi je dis froissé, mais lui il est docteur…) 2 côtes et le partage des tâches à été quelques peu compliqué par cet élément. Mais finalement, on a réussi à se planifier un second congé, 2 jours à Saskatoon… Et oui, il faut regarder large sur la carte (700km) pour trouver des points d’intérêts, mais on va s’y mettre et essayer de profiter un max de la région, dans ce périmètre…
Des journées à The Pas
En résumé, l’annonce disait : cherche apprenti musher pour l’hiver, nourri, blanchi, logé. C’est donc à 2h du matin que Oggie nous accueille à la gare de The Pas avant de passer nous montrer ses chiens et enfin notre nouveau lieu de villégiature.
Tout cela va très vite et est un peu déstabilisant, les chiens dans la nuit ne ressemblent pas vraiment à de mignons petits huskies, et pour cause, de un ce n’en sont pas et de deux dans la lumière des phares on ne voit que son chien borgne nommé très à propos Psycho. La maison fait un peu peur également, la partie commune ressemble à un gros bric à brac rempli d’objet lié de près ou de loin aux chiens, pas de fauteuil, ni de coin plus ou moins associés à la détente. Une table pas vraiment prévue pour les repas et une cuisine et salle de bain propre, à priori. Le sol est couvert de vieux lino quand il y en a sinon c’est directement de l’agglo. Mais une chambre avec un lit pour deux nous attend…
Au matin, on commence par faire les commissions : Oggie est bulgare et son déjeuner consiste en un yaourt d’origine balkanique qu’il laisse « respirer » avant de consommer, heureusement, il est conscient que personne n’aime ca.
Plus tard dans la journée, on part entrainer les chiens, on charge 20 chiens dans un camion pour les emmener sur le lieu d’entrainement, on les sort pour les attacher au camion, on leur pause un harnais, puis on les attelle à un quad et on leur fait faire 6 miles. Il y a 40 chiens à entrainer, on ramène tout le monde aux terrains et on recommence.
Le soir, il faut nourrir les chiens, ca prend trois heures environ. En résumé, il faut rassembler 3 seau de viandes mise à décongelée la veille, 2 seau de croquette, 1 supplément vitaminé, du laxatif et 2 douzaines d’œufs. Au début, on mélangeait tout ces éléments sur le terrain. J’ai demandé pourquoi ?... On a fait ca à l’intérieur, bien au chaud, chez lui. Le lendemain, c’est plus cool, les chiens se reposent et donc nous aussi, il faut juste leur donner à boire et les nourrir.
Le premier mois est ainsi très rythmé : un jour sur deux on entraine les chiens, et l’autre on se repose. Le programme de l’entrainement évolue selon les événements et les progrès des chiens. Nous passerons de 6 miles à 8, 10 et aujourd’hui 12 miles. Ensuite, les chiens casseront le quad, d’abord les freins et puis la boite de vitesse, ce qui nous fera passer aux doubles traineaux moi derrière comme élément de freinage. Puis une fois un peu d’expérience acquise, j’obtiendrai très vite mon propre attelage. La température joue aussi, s’il fait trop froid, il faut mettre de la pommade sur les pattes ou une couverture pour les plus frileux.
Sophie qui aime à garder ses distances face à l’hygiène des chiens à été très vite rassurée : « ils sont tous pleins de vers, garanti sur facture », mais on les vermifugeait le surlendemain. Et de toute façon, quand après la promenade, ils sont tous relâchés, elle n’a pas eut trop le choix que de leur dire bonjour ;).
Une chose qui nous paraissait vague dans l’annonce était l’utilité de ces chiens. On avait misé sur le tourisme, mais non leur but est la compétition avec en ligne de mire les championnats du monde qui on lieu lors du festival du trappeur de The Pas. D’ailleurs, la découverte de l’existence de course réservée aux femmes devrait permettre à Sophie de se faire sa propre expérience et d’après Oggie, je serais même apte à lui donner ses leçons de traineaux.
Bon, on va en garder un peu pour la suite, mais dans les chapitres à venir, il devrait y avoir un reportage spécial sur Oggie, la ville de The Pas ses environs et ses activités, des anecdotes d’entrainement…
On a pris un peu de retard, mais bon…
De Mont Tremblant (Québec) à The Pas (Manitoba) en passant par Winnipeg (Manitoba).
Pour une planification du voyage au moins cher, une première recherche nous fait rapidement découvrir que Ryanair a de beau jour devant lui de ce côté de l’Atlantique : ca coute pratiquement plus cher de rejoindre Winnipeg en avion que de rentrer en Belgique. Un coup d’œil aux chemins de fer nous fait comprendre que leurs informaticiens ne sont pas des génies et les vagues informations que nous obtenons nous portent à croire que le bus est moins cher. Ce sera le bus et avec une compagnie comme Greyhound, on devrait profiter d’internet et de prises électriques pour occuper nos 3 jours et 2 nuits de trajet. (En plus, on economise 2 nuits d’hotel)
Le jour du grand voyage arrive et après 10’ de voiture, on fait une première étape de 2h à Saint-Jovite où nos hôtes nous ont gentiment déposés aux premières heures de la journée. Nous pensions connaitre le village par cœur, mais la visite du Dollarama une veille d’Halloween reste très amusante.
Finalement, notre bus pour Montreal arrive et nous offre nos 3 premières heures de car. Accompagné par 20’ de métro pour arriver à la gare des bus de Montréal vers 14h. Notre bus part à 21h. Comme nous avons quelques heures à Montréal, on s’empresse de profiter un peu de la ville. Au programme, bouquiniste, et surtout arrêt chez Juliette et chocolat, pour une pause chocolat chaud et brownies.
En poireautant dans la gare, on se rend compte qu’un autre bus part une heure plus tôt donc changement de plan, finalement on partira à 8h, comme ca on aura une meilleure place dans le bus suivant. Première surprise, le standing du bus Montréal-Ottawa n’est pas le même que celui New-York-Montréal, ce sera donc sans connexion internet, sans prise électrique et puis merde, sans lumière : deux heures de voyage il y a des gens qui pourraient dormir…. Heureusement qu’on a prévu des sudokus !!!
A 22h 40 on arrive à Ottawa, et c’est reparti pour 1h20 de glande dans la gare de bus en attendant la correspondance. On dort comme on peut dans le car mais ça fait partie du charme du voyage. 6h arrivée à Sudbury et nouvelle correspondance à 7h15. De là commence réellement la traversée de la province d’Ottawa. Mais à 10h… arrêt, on nous annonce qu’il y a un problème mécanique et qu’on en a au moins pour deux heures, tout le monde en profite pour se dégourdir les jambes et visiter la charmante superette.
Finalement, on restera 6h à Bruce Mine, nom de cette pittoresque bourgade sur les rives du lac Huron, située pratiquement à mi distance entre deux escales, ce qui est très pratique pour attendre un bus de remplacement. Etonnamment, tout le monde est resté zen, et on n’a remarqué aucun signe d’agacement, mais le petit resto routier situé en face du bus à du faire son chiffre de la semaine.
Nous avons ensuite longé le lac Supérieur qui, de la rive, ressemble plus à une mer, cette eau calme jusqu’à l’horizon couverte d’un rien de brume donne littéralement une petite impression de bout du monde. La deuxième nuit a été moins sympa car notre charmant voisin a décidé de travailler sa maitrise de la guitare discrètement. Ben même discrètement, quand on ne sait pas jouer, ça reste très pénible.
Arrivée à Winnipeg vers midi. La traversée de la ville faite en car ne nous fait pas bonne impression, en fait la ville est vraiment laide, Charleroi a de la marge. Traversée de la ville à pied avec les sacs à dos et arrivée à l’auberge. Et là, ho surprise, on a un lit géant, la télévision,… pour nous tout seul. Le programme du reste de la semaine est vite fait : grasse mat jusqu’à midi, petit tour en ville pour bien confirmer que c’est moche et retour dans notre antre. Winnipeg reste la ville natale de Winnie l’ourson, mais la statue est trop loin, en fait Winnipeg reste la ville natale de Winnie l’ourson, mais la statue est trop loin, on fait l’impasse pour cette fois.
Après une nouvelle étude de marché, c’est le train que nous emprunterons jusqu’à The Pas. C’est plus lent (14h pour 600km) mais exceptionnellement moins cher. Nous quittons donc Winnipeg dimanche midi. Ce train habituellement très peu fréquenté a plus de passagers que d’habitude. En effet, à Churchill (prochain arrêt 1000km après The Pas), c’est la saison des ours blancs qui attirent les touristes d’octobre à mi-novembre. On s’est renseigné pour y faire une excursion, c’est laaaaargement hors de prix.
Nous devions prévenir Oggie (notre hôte à The Pas), d’un éventuel retard et confirmer l’heure de notre arrivée (quelle planification !!) ce que nous n’avions pas prévu, c’est qu’une fois loin de Winnipeg, il n’y a plus de réseau. Nous arrivons à 2h du matin à The Pas, nous sommes les seuls à descendre du train, et notre hôte arrivera quelques instants plus tard : Oggie Pelov.
Un peu plus sur l'Amitient
Nos amis
Sacha est autiste, c’est l’anglophone de la bande. Il sait s’exprimer surtout par phrase type « maybe not today », « let it be », rarement à propos. Mais après une grande concentration de sa part, il parvient à demander ce dont il a besoin et cela avec les formules de politesse de rigueur. Il reste la plupart du temps incroyablement stoïque ce qui rend difficile la perception que nous avons de son état d’esprit.
Sacha aime les pizzas, Batmaaaan ( sujet de son puzzle préféré et dont il scande le nom régulièrement), répéter les noms, (Sophie ou Sophia pour moi, Régis, René, Eric, Vincent,… pour Régis), les poignées de mains élaborée, lire des histoires, faire des puzzles,…
Sacha n’aime pas être éclaboussé par de l’eau.
Denis est trisomique, il ne parle que très peu mais il sait s’exprimer sur ce qu’il aime. C’est ainsi que l’on entend le mot « citrouille » toutes les dix minutes lorsque l’on est en sa présence. Il communique principalement par signe. Il aime beaucoup la proximité des autres : donner la main, faire des bisous, … c’est certainement le plus agréable des amis au quotidien.
Denis aime dessiner, s’exprimer par signe mais de façon si ample que l’on croirait une danse, faire des bisous, ramasser les poussières grâce à sa balayette et sa ramassette mais surtout, Denis aime les citrouilles dont il répète le nom sans arrêt.
Martin ne parle pas du tout mais s’exprime par signe. Il a des difficultés pour marcher mais il est toujours le premier lors des longues marches de l’après-midi. Malgré son mutisme et son air détaché, il est clair que
Martin est le plus conscient de ce qu’il entoure. Il a généralement une mine renfrognée mais ses éclats de rire soudain et ses élans d’affection pour Sacha ou David le transfigurent fréquemment.
Martin aime se balancer dans se chaise à bascule, écouter de la musique, être en voiture, regarder des essuie-glaces (sa récompense après une journée sans accros).
Martin n’aime pas manger des choses blanches, être contrarié.
Patrick ne réside pas à la maison mais il y passe trois jours par semaine. Il ne parle pas du tout et ne s’exprime que par des « Hé » criés. Il est très massif. Il est toujours souriant mais il reste toujours très impressionnant avec ses gestes brusques et ses cris. Ses pas d’ours résonnent sur les parquets de la maison de façon impressionnante. Son surnom ici est Shrek. Si cela me choquait au début, je ne peux niés la ressemblance. Il nous aime bien car nous essayons de l’inclure dans nos travaux extérieurs autant que possible. Malgré son « petit bras », il reste une force de la nature.
Patrick aime porter des choses, effrayer les gents avec sa grosse voix et rire aux éclats après, travailler dehors avec Régis, frictionner vigoureusement le dos des gens.
Patrick n’aime pas rester à l’intérieur, rester immobile.
D’autres amis habitent les deux autres maisons de l’Amitient mais nous les avons moins côtoyés.
Les amis sont majoritairement francophones mais Sacha est anglophone. Deux des allemandes parlent anglais tandis que la dernière parle français. Pas évident parfois de sauter d’une langue à l’autre sans arrêt.
La journée est rythmée par de nombreux rituels : le « morning circle » (petite chanson que l’on fredonne en se tenant les mains), petite phrase avant et après chaque repas, le snack à 15h, un point de la journée avec chacun des amis avec David sur le ton de la conversation, l’ « evening circle » sans parler de toutes les tâches quotidienne où chacun a son rôle. Par exemple pour mettre la table : Sacha met les tasses et rempli les cruches, Denis met les chaises, Martin met les assiettes et les couverts.
L’endroit était présenté comme une ferme thérapeutique riche en animaux. Si l’aspect thérapeutique saute aux yeux l’aspect ferme est nettement moins évident. On nous explique très vite que l’association est dans une année charnière et qu’une pause s’est imposée de ce côté-là. Les créateurs de l’Amitient sont en train de quitter l’association pour une retraite bien méritée et le jeune couple qui le remplace n’y connait pas grand-chose. Ils semblent souvent ne pas trop savoir où ils vont, ne pas savoir quoi nous de demander et attendre de notre part des avis éclairés. Nous faisons de notre mieux pour être efficaces et utiles à l’amorcement de la future ferme. Quelques jours après notre arrivée, 28 poules installent leur quartier dans l’étable. Tout de suite, on se sent un peut plus à la ferme.
Wwooffing: Le retour
Le dernier jour de notre wwooffing a Ormstown arrivé, on saute dans le premier bus pour Montreal, partagé entre le sentiment de laisser ce couple dans les em… et l’envie de foutre le camp.
Notre passage a Montréal sera très bref, à peine descendu du bus, on va chercher notre carte d’abonnement social, nous pouvons avoir bonne conscience de revenir d’Ormstown si tôt. Et on se pose chez ce bon vieux Jean (mais pas de van pour cette fois), l’objectif unique de ces 2 jours : trouver un restaurant pour nos 3 ans et y aller. C’est très délicat de trouver un restaurant dans un budget défini, outre les taxes et les pourboires, il apparait qu’un simple accompagnement peut signifier un supplément qui sera à son tour taxé et tippé. Enfin, notre choix se porte finalement sur un vietnamien, dont la cuisine s’avèrera plus légère que ce qu’on a coutume de rencontrer en Belgique. Le vin, un bon petit blanc australien acheté par nos soins chez le dépanneur du coin. Bref, bon choix.
Le Samedi arrivé, 1 métro et 2 fois 2 heures de bus plus loin, nous arrivons à Saint-Jovite/ Mont-tremblant, on vient de passer l’automne en accéléré : à Ormstown, les arbres commençait à changer de couleurs, et à Saint-Jovite, le festival des couleurs se terminent et la rougeur des forêts se teinte déjà d’un brun naissant.
Améthyst, vient nous chercher à l’église et nous mène à la ferme de l’Amitient, une ferme communautaire socio-thérapeutique qui accueille en internat différents types de personnes handicapées, principalement des autistes. La famille qui nous accueille reçoit également trois jeunes stagiaires allemandes qui occupent le sous-sol de la ferme, nous occuperons donc un petit appartement situés au dessus du garage (ben tiens), ce sera spacieux et chauffés, mais toutes les commodités sont dans le bâtiment principal à une trentaine de mètre.
Rapidement, nous sommes rassurés sur cette adresse de wwooffing, c’est un vrai lieu d’échange, où nous partageons étroitement les repas et la vie de la communauté. C’est donc le plus naturellement du que nous participerons à Thanksgiving, aux excursions des « amis », aux réunions communautaires…
Pour ce qui est du travail, c’est plus coulant aussi, David et Amethyst nous lancent des pistes pour nous occuper et nous choisissons. Finalement en deux semaines, nous préparerons, à la force de nos bras, les plates bandes d’un grand jardin et le sol de la serre, quelques aménagements au poulailler et un support dans leur tendance à déplacer des choses d’une place à l’autre tout les jours. Sophie donnera également un coup de main à la cuisine et aux soins des amis. Mais nous ne réaliserons pas la rocaille étagée destinée à agrémenté le chemin d’accueil, ni le système de hallage destinés à rallier un cabane à sucre, très jolie soit dit en passant, localisée 500m dans la forêt (mais je crois qu’une mule leur coutera moins de soucis).
Ici, nous avons droit à 2 jours de congé par semaine, mais comme il n’y a pas internet à la ferme, nous les consommons pratiquement tous en expéditions à bicyclettes, jusqu’à la ville, pour profiter de la connexion de la bibliothèque local, afin de garder le contact et préparer la suite de notre voyage. Quand finalement, nous prendrons un jour de congé pour aller faire la promenade en vélo jusqu’au lac Mercier et la station de Mont tremblant, nous reviendrons trempés jusqu’aux os, louant la ville pour son service de bus munis d’un porte vélo, mais un petit effort faisant passer ce bus devant la ferme nous aurait évité un autre 10km de vélo sous la pluie.
Malgré le faible taux de connexion à la toile internet, nous trouverons rapidement une opportunité pour la suite immédiate de notre voyage. Et c’est cette fois-ci presqu’à contrecœur que nous quittons la communauté après seulement deux semaines sur les trois prévues, mais la suite en vaut la peine donc direction Winnipeg et ses quarante heures de car...
Wwooffing: Premier contact
Nous sommes à notre premier endroit de wwoofing (travail dans le domaine de l'agriculture (surtout biologique) en échange du gîte et du couvert). On travaille pour un jeune couple qui essaie de maintenir leur exploitation biologique à flot. Le travail est long, on cueille, on déterre différents légumes parfois inconnus (carottes, pommes de terre, tomates oranges, tomatilles, cerises de terre, patates douces, haricots, betteraves oranges, rouges, et la liste est encore longue mais qui ne se cueille à plus de 20cm de haut, pour le plus grand bonheur de nos dos). On aide aussi à la fabrication de produits maison (ketchup, et différentes préparations à base de légume). Cette aide consiste parfois à nettoyer et peler des tomates. Pour vous donner une idée des quantités, leur contenant n’est pas un saladier ni même un seau mais une baignoire. On prépare aussi des colis de légumes (200 par semaine), les produits pour le marché,...
Il a fait très beau la première semaine et les couleurs de l'automne commencent à apparaitre. Par contre la deuxième semaine, nous avons perdu 15 degrés en une nuit et le vent et la pluie sont maintenant de la partie.
La région est infestée de moustiques qui ne différencient ni le jour ni la nuit. Heureusement pour Régis, je suis un véritable aimant. Après deux jours, j’étais déjà dévorée tandis que Régis gardait sa peau de bébé. Après une petite étude du contenu de ma valise, je me suis composée une petite tenue de travail en multi-couche qui ne laisse que les mains et le visage accessible à ces insatiables compagnons.
Nous passons de bons moments ensemble mais nous sommes un peu déçus de ce wwoofing:
Normalement c'est environs 6h de travail/ 5 jours/semaine, on fait plus que régulièrement des journées de 9 à 12h et seulement le dimanche pour souffler. Normalement les repas sont pris en communs pour créer des échanges. Ici, nous devons aller faire nos courses et nos soupers que nous prenons à deux. On ne voit pas beaucoup les deux proprios qui nous donnent les consignes et partent travailler de leur côté.
De plus, les proprios sont un peu dans le rouge financièrement. Donc ils reportent au maximum les moments où nous pouvions faire les courses. Nous devons les payer et ils nous remboursent ensuite mais ils déduisent tout ce qui ne leur semble pas indispensable (biscuits, limonade, produit trop couteux...) Les courses sont un casse tête où nous essayons de limiter au maximum. Comme nous pensions être nourris, nous n'avions pas prévu beaucoup d'argent, et comme le remboursement des courses tarde à venir, ce n'est pas très confortable.
Heureusement pour compenser, ils nous donnent des produits « maison », relish (sauce aigre douce à base de cornichon) Ketchup maison, sirop d’érable... La présence de leurs deux enfants (William, 6 ans, et Victoria 4 ans qui adore nous aider) détend aussi l'atmosphère.
Malgré tout, nous passons de bons moments avec Sylvie (ça ne s'invente pas), leur employée. Elle arrive sur ses 50 ans, a des jumelles (dont une s'appelle Sophie), aime nous parler de son enfance au Québec, des choses à faire, à voir dans la région,... Heureusement qu'elle est là sinon on aurait complètement loupé le côté "rencontre" du wwoofing.
Autre originalité de l'endroit, l'eau de notre " appartement " est soufrée. Ce qui se traduit par une odeur d’œuf pourri assez forte (surtout dans l'eau chaude), et une texture « huileuse ». Je ne crois pas que ce soit le top point de vue santé mais c'est excellent pour la peau et les cheveux. Pour la boire, nous devons l'aromatiser ou la congeler au préalable. J'attends avec impatience une bonne douche où l'eau ne sent pas pire que moi après une journée de travail.
Ormstown est une charmante petite ville telle que l’on peu les voir dans les films américains. Des petites maisons en bois avec leur perron s’alignent entourée de leur jardin parfaitement net.
Des petites boutiques et des petits restaurants meublent la rue principale. Ils entretiennent ce caractère pittoresque du coin car le tourisme de passage y semble important à la belle saison.
Montréal 2 –visite guidée
Les démarches se sont finalement bien passées. On part maintenant à la découverte de Montréal, pas trop vite quand même, on devra probablement repasser par ici, plus d’une fois pour des raisons administratives d’une part et géographiques d’autre part.
Notre impression est qu’il n’y a rien de particulier à voir à Montréal, mais plutôt toute une série de petits quartiers à découvrir. Pas énormément de photos donc, mais envie de juste flâner dans les rues.
Le quartier bobo est à 2’ de l’auberge, vraiment multiculturel, l’africain côtoie le portugais ou le polonais, le tout dans un ensemble plutôt cohérent. Les gens y sont particulièrement chauds ?accueillant ? Bavard ?... tu rentres dans un magasin pour acheter un vieux jeans, tu en ressors 30’ plus tard avec en poches, des choses à faire et à ne pas faire dans les 50km à la ronde (fonction des intérêts du marchand). En passant, ici « le paki » s’appelle « le dépanneur », mais devrait s’appeler « le viet », le Louis Delhaize s’appelle Jean Coutu (ca sonne beaucoup plus local quand même ;) .)
Le quartier du vieux port, au confluent du Saint-Laurent et d’un canal plus quelquonque possède un énorme silo à grain truffer de micro et d’écouteur. Apparemment, il y a moyen d’écouter l’écho de sa voix, via internet. Un peu plus loin, un rassemblement de vieux gréements accueillent 3 bateaux et un concert de musique locale aux accents celtiques qui fait entre autres des reprises de soldat Louis. Il y a sans cesses des événements à Montréal, tout les 30m une banderole annonce une sortie différente. On ratera d’un jour, un concert gratuit et en plein centre d’Arcade and fire.
Le quartier du vieux Montréal ou le quartier des boutiques à souvenirs tenues par des indiens (venu d’Inde). Ne manque pas de cadeau de plus ou moins bon gout dont de nombreux sont basés sur les ours et les caribous.
La rue du Mont-Royal et le boulevard du Saint-Laurent contienne toutes sortes de boutiques, mais pas de grande enseigne à répétition comme on a parfois l’impression de voir chez nous. Les commerces semblent moins formatés, on a même un peu de mal parfois à trouver ce qu’on cherche.
A l’auberge, les gens défilent et étonnement, mis à part un couple basque, un parisien et un français on a croisé principalement des belges : une dizaine de flamand en excursion et deux PVTiste wallons d’attaches liégeoises. Un québecquois de passage nous introduit un peu tous à la culture locale, nous fait découvrir 2-3 trucs, mais attention, surtout pas de planning : un truc prévu à 13h commencera à 17h et un verre groupé à 20h dans un endroit peu connu de Montréal se fera finalement sans lui.
En résumé, première semaine très agréable et pleine de perspectives pour l’avenir…
Premiers jours au Canada – Montreal 1
Il faut 8h de bus pour faire New-York Montreal, mais le bus dispose d’une borne wifi et de prise électrique qui permettent de s’occuper. A la frontière, nous rencontrons nos premiers canadiens, mais pas vraiment l’élite. Nous fûmes les seuls membres du bus à devoir passer par l’immigration, là un employé plutôt zélé remarque après 20 minutes que notre assurance s’arrête en mai et ne veut/peut pas nous octroyer un visa au-delà de cette date. En attendant, il lit et relit nos passeport avec le plus grand dédain pour le bus remplis qui nous attend sur la route. Après 40 minutes, nous obtenons finalement nos visas, mais pour le Canada, je suis désormais Régis Lomba, né en Belgique mais de nationalité francaise. Nos plus plattes excuses aux autres passagers qui ne nous témoignent aucun agacement (ouf) et le bus repart.
Arrivée à Montreal de nuit, nous nous dirigeons directement vers l’auberge en traversant le quartier latin, la rue Saint-Denis et le plateau du Mont-Royal. L’ambiance de ces quartiers est vraiment chaleureuse et ne fait qu’aiguiser notre envie de visiter ce pays. Petite inquiétude, aucun distributeur ne veux donner de sous à ma visa.
L’auberge « chez Jean » est une maison de 3 étages, ce qui constitue en fait 3 appartements ici. On patiente un petit peu à la réception au 3ème, curieux concepts, il y a des lits partout plus ou moins isolé de la salle commune. Un Jean (pas celui du nom de l’auberge) arrive finalement et nous demande si on veut le van.
- Vous n’auriez pas une chambre d’abord ? Et puis, on n’a pas coché l’option voiture ?
Non, le van, une vieille VW trainant sur des blocs en dessous d’un balcon de bois, sera notre chambre pour la semaine à venir, un rêve de Sophie : 2h au Canada et on a déjà trouver notre Magic Bus !
On commence par les formalités administratives :
- La banque, on a un rendez-vous très vite et le seul truc à fournir, c’est un n° de teléphone.
- Un n° de téléphone, après avoir essayer chez un vendeur de gsm qui ne vendait des cartes SIM que si on achetait un cellulaire avec, on trouve finalement un fournisseur de carte SIM et un premier exemple de la convivialité canadienne, le vendeur nous conseille de s’adresser à la concurrence qui a des formules plus adaptées à notre cas (mais non, on veut juste un n° pour donner à la banque, et une carte prépayée)
- Une case postale, ou une boite postale restante, pour avoir une adresse ou faire suivre notre courrier dans l’année à venir. Le hic, c’est qu’il faut être domicilié au Canada pour avoir droit à sa boite et comme on n’a pas de boite, on ne peut pas avoir de boite…
- Le numéro d’assistance social au Service Canada, le forem devrait prendre des cours ici. convivialité et efficacité, le tout dans un bâtiment qui ne sent pas la misère.
Et puis la recherche d’un boulot ou d’un wwoofing pour la suite, le compte en banque à bien sentit passer les premiers jours outre-Atlantique, une vingtaine de coup de fil nous confirme que la saison des pommes est bien commencée et que tout le monde est complet. Deux coups de téléphone chez des woofers et voilà, nous passerons 2 semaines à Ormstown (à 10km de Sainte-Barbe). Nous pouvons désormais visiter la ville et faire nos achats de matériels…
New York 9/11
Arrivée sans problème à Chinatown, l’armée de terre et les services spéciaux sont bien présent, mais pas bien dérangeant. Une petite soupe aux nouilles chinoises dans un resto à touristes (= pas d’aquarium à poissons frais et menu sous-titrés en anglais) mais bon marché. Ensuite direction l’auberge de jeunesse pour repérer les lieux et déposer les sacs. A la sortie du métro de Brooklin, on n’est plus à Manhattan, c’est plutôt, Matonge, mais les gens ont l’air bienvaillant, les vieilles mamas en costumes du dimanche sourient aux passants, et un vieil original nous renseigne notre auberge sans qu’on lui demande. (Mais comment a-t-il su que nous étions des touristes).
Arrivés à l’auberge, entrée classique : « Hello, I’m Regis Lomba »… réponse plutôt inatendue :
- Salut, vous connaissez les Nuls ?
Je vous présente Max, Dijonnais réceptionniste.
Retour sur Manhattan en métro. Le métro est génial ici, il tourne 24h sur 24, on n’attend jamais plus de 5 minutes et tout est à moins de 250m d’une bouche de métro. Puis soirée promenade en amoureux sur Greenwich village, Tribecca, Soho (et little Italy, je nous ai un peu perdu en fait). New York parait tout de suite plus petit dans ce quartier là, mais c’est probablement le quartier le plus agréable à vivre, on a même trouvé plusieurs magasins de fruits et légumes.
Arrivé à l’auberge, je recois un SMS : « demain 18h30, pont de Brooklin, côté Brooklin, Kets ». Suivi d’un mail : « demain 18h30, pont de Brooklin, côté Brooklin, Quentin ». Je réponds ok à chacun, apparemment, le rdv au pub McGee entre Times Square et Central Park,endroit proposé 5 jours plus tôt ne les intéresse pas.
Deuxième jour à New York, visite du quartier de Wall Street, la statue de la liberté en bateau et Ellis Island,l’île de l’immigration(rien à voir avec Web Ellis). Suite à un attentat Croate en 1990, l’accès au bateau est définitivement précédé d’une fouille semblable à une fouille d’aéroport (mais l’aéroport avait déjà trouvé mon couteau de jungle, donc pas de problème). Rien de particulier, tour à touriste ou autres fanatiques de la liberté, pour la remarque, le passage plus intéressant sur Ellis island est boycotté par la plus grande part qui ne porte apparemment son intérêt que sur la statue.
18h30, on arrive sur le pont de Brooklin…
- Vous êtes où ?
- Ben au pub que t’as dit il y a 3 jours…
Merci les gars, il ne leur est pas venu à l’idée que nous respecterions la chronologie des messages et ils nous attendent bien gentiment au pub, de l’autre côté de Manhattan(20’ de marches et 20’ de métro). Enfin, on passe une bonne soirée qui commence dans ce pub dont l’histoire est liée à la série How I met Your mother. On poursuit dans un Jazz bar pour les 20 dernières minutes du concert (encore merci pour les cocktails), et on fini dans un bar étudiants au tarif nettement plus abordable (8$ la cruche).
Troisième jour, direction Central Park, le hall du MET, la facade du Gugenheim, et un peu lèche vitrine. Central Park, c’est grand, très grand et pas de problème pour se nourrir, il y a des petites cahuttes tous les 100m qui pratiquent la politique du « viens chez moi, tu auras beau courir, on vends tous la même chose au même prix » avec pour seul menu « hot dog » (mais nous on voulait pas ca). Fin d’après midi, on se redirige vers la ville, le cube Apple, le rockfeller center, Broadway, le magasin M&M’s et son merchandising absolu (tu es rond ou on peut coller un dessin de truc rond sur toi, tu es M&M’s), un ou deux magasins de souvenirs sans originalités, le Bubba Gump (magasin le plus drôle pour nous). Et repérage du départ des bus pour le lendemain midi.
Philladelphia
Arrivés comme prévu à Philladelphie le 5 septembre, tout est en ordre à la frontière. On monte dans le premier taxi (jaune, Sophie était très stricte sur ce point). Direction l’appartement IBA, une dernière semaine de night shift et une visite guidée de Philadelphie pour Sophie. Cette semaine étant ma 5eme dans cette ville, je commence à avoir quelque repère. C’est ainsi qu’on a pu, voir la montée des marches de Rocky régulièrement reproduite par de nouveau touriste se croyant original. La fameuse Liberty Bell, symbole national de la liberté (encore un) mais sous haute surveillance et donc intouchable, on ne connaitra pas son goût. La maison de Benjamin Franklin, la statue de Benjamin Franklin, le musée de Benjamin Franklin, le magasin de Benjamin Franklin(thinkgeek en dur), bref Benjamin Franklin est passé par ici et n'a pas fait que jouer au cerf-volant. Le quartier universitaire, espèce de compétition architecturale dont le but est d’honorer les différents bienfaiteur de l’université, ce qui résulte en un décors trop artificiel évoquant un mix entre Disneyland et Poudlard.
On est assez d’accord sur le fait que Philly est une ville plaisante, beaucoup de beau bâtiment en pierre dans un style typiquement américain, qui donne une impression de robustesse, mais sans être oppressant. La grosse question reste l’alimentation. On ne trouve à manger que dans les pharmacies où il y a généralement un rayon chips, un frigo à pizza et un rayon bouffe rapide d’où il faut toutes notre attention pour extraire un semblant de spaghetti bolo. Et il ne faut pas croire qu’une plus grande pharmacie offrira un choix plus large, seule le rayon chips grandira. En attendant, la technique de trouver des légumes dans des restos japonais, s’est avérés fructueuse et relativement bon marché, et puis, ce n’est que les premiers jours, il serait dommage de ne pas essayer un hamburger ou un pizza à l’américaine. Et à la fin de la semaine, nous avions quand même réussis à trouver quelques pommes en promo (2 pour 6 dollars) et même un magasin où on vend des légumes.
Le dernier jour de boulot arrivé, on range la chambre et on apprête pour New York, curieux de faire cette transition de la vie d’employé vers celle de coureur du monde en étant déjà parti, et le fait de repasser par New York n’aide pas à visualiser le nouveau départ vers l’aventure. Mais bon ca viendra, en attendant, on est le 11 septembre et il est temps de trouver le bus chinois qui nous amènera à chinatown…