Le mois écoulé est plutôt touristique, une semaine à Banff, deux semaines à Vancouver, quatre jours de cars, une petite semaine à Ottawa. Difficile de tout raconter en un seul poste, difficile de se souvenir de tout. Mais on va essayer.
Banff signifie également un retour aux auberges de jeunesse, les dortoirs partagés et les colocataires hétéroclites. On retiendra ici, un québécois très communicatif et sont opposé, un être que nous surnommerons affectueusement « zombie » et dont le potentiel olfactif surpasse admirablement mes moments les plus prolifiques dans le domaine.
La ville contraste franchement avec tout les centres urbains que nous avons croisé depuis Montreal, la rue principale ressemble un peu trop à ce que donnerait un Disneyland construit sur le thème de la montagne. Toutefois, les innombrables boutiques de souvenirs sont remplies d’artefacts des plus originaux. Cependant, une particularité commence à nous marquer, l’art de l’Ouest canadien consiste principalement à tailler ou figurer des ours sous toutes les coutures possibles. Il faut dire que c’est plus facile à sculpter qu’un caribou et apparemment, la blague est plus facile. Le loup, l’aigle chauve et les chiens de traineaux se disputeront les quelques places restantes.
Situé au cœur du parc naturel des Rockies, Banff dispose de pas mal de promenade plus ou moins bien balisée, on n’obtiendra une belle vue sur le fameux Fairmont Hôtel, et manquerons nous perdre en suivant la piste qui mène aux sources chaudes. Apparemment, le balisage consistait en quelque bout de papier collant orange fluo. Mais le bain à 39°C nous réchauffera et le retour se fera rapidement sur le moelleux de nos postérieurs.
On visitera également le musée Whyte que nous déconseillons franchement, pas d’humeur au grande randonnée, nous nous sommes laissés happés par ce temple en l’honneur d’un citoyen de la région qui aurait fait partie de tout les coups à l’époque de la création de Banff et qui aurait laissé derrière lui le musée d’à côté (qu’on aurait peut-être du préféré).
Pour clôturer notre séjour, nous louons une voiture afin de parcourir le parc dans sa longueur jusque Jaspers. Nous verrons de très joli paysage, mais nous avons réussi à choisir le premier jour de neige depuis des semaines. Au fur et à mesure de la journée, les glaciers disparaissent sur fond de nuage blanc, et par moment la route aussi. Tout ca pour se rendre compte que les chutes tant vantées par de nombreux sites touristiques sont en fait interdites d’accès pendant l’hiver. Restera un canyon et le mur qui pleure que nous rejoindrons dans des conditions agréables.
Et viens le départ pour Vancouver…
Arrivé à Vancouver, première surprise, c’est le printemps ! Pour la première fois depuis des mois, on voit de l’herbe verte, les oiseaux chantent, le soleil brille et les températures tournent agréablement autour des 10°C. Ironiquement, il fait plus humide aussi et comme on dit, je chopperai la crève pour la première fois du séjour.
La ville est vraiment très sympa, assimilée à San Francisco comme Bruges l’est à Venise, la ville est très vivante et agréable à visiter. On retrouve une ville où il fait bon vivre et où l’on peut comprendre que les gens aient envie de vivre. Le principal atout de Vancouver est son lien étroit avec la nature, coincé entre la montagne et la mer, les premières pistes de ski sont à 15 minutes du centre ville (quand tout va bien, j’imagine), alors que les ports de plaisances sont à 5 minutes dans l’autre direction.
Le parc Stanley abrite l’aquarium, un peu dispendieux, mais très bien fait, on peut entre autres y croisé des bélugas ! Un autre jour, nous ferons le tour de ce parc en tandem, très romantique, on oublie très vite que nous sommes dans une des plus grandes villes du Canada.
On profitera d’une activité de l’auberge pour faire le tour du canyon Lynn. En pleine « Rainforest », la ballade vaut le détour et confirme une impression déjà acquise dans les Rockies, la région est vraiment très belle, mais c’est certainement en été que l’on profite le plus quand il est possible de camper/naviguer/randonner. Le tour est très sympa, mais s’éternise un peu, le guide n’étant venu qu’une seule fois dans la région, il se perdra certainement dans des raccourcis qui n’en sont pas.
Pour notre culture générale, nous voudrons visiter le musée d’anthropologie. Situé à 12km du centre ville, une vraiment trop longue promenade longeant la côte nous permettra d’attendre l’endroit en soirée juste à temps pour le tarif « radin ». Une partie du musée est principalement consacrée au totem et artefact indien, vraiment impressionnant. La galerie des bibelots en faïence d’Europe sera d’un intérêt secondaire et une dernière galerie rassemblant des objets du monde entier sera fort décevante, trop d’objet en vrac et on ne comprend plus rien. Mais les totems, terribles !
L’auberge fait partie de la même chaîne que celle de Banff, elle organise régulièrement des activités. Outre la visite du canyon Lynn, on aura droit à une soirée cinéma. Si vous pouvez éviter de regarder « real steel », vous sauverez 2h de votre vie et me rendra un peu des 2h que j’ai perdue. Plus tard, nous changerons d’hôtel pour l’hôtel St-Clair, beaucoup plus discret, ambiance marine de la belle époque assurée.
Cuisiner est assez difficile dans l’hôtel, mais heureusement ca pullule de petits asiatiques pas cher en tout genre (finalement, on est plus près de chez eux que de chez nous!) et c’est mini-resto tout les jours. De temps en temps, on change pour un hamburger, mais on arrive à maintenir une distance raisonnable entre les clichés de l’Ouest et nous. Ce sera même la fête quand nous croiseront un boucher du Nord de la France sur l’île de Granville.
Et vient le moment de prendre le bus. Arrivé à 6h du matin devant le guichet, on nous demande si on veut vraiment prendre le bus aujourd’hui ?!? Le chemin habituel est bloqué par des avalanches dues au réchauffement climatique et le détour dure 12h. L’auberge d’Ottawa étant réservée, on prendra le détour. Et donc 84h de car, de somnolence, de repas parfois douteux et 4h de décalage horaire, changement d’heure compris. Arrivé à Ottawa, on s’offre le taxi et à l’auberge, on tombe !
L’auberge offre un concept intéressant, des chambres semi-privées : 3 murs et une tenture, mais pour le prix d’un dortoir on ne se plaint pas. L’absence de fenêtre n’aidera par contre pas à récupérer immédiatement un rythme normal, mais pas de violence, c’est les vacances.
L’hiver vient juste de quitter la région et est remplacée par des températures de 15 voir 20°C, c’est fascinant de voir les montagnes de neiges résistés longuement à cet assaut de températures. L’auberge est dans le vieux quartier d’Ottawa, à deux pas du parlement, du canal du Rideau et de pas mal de truc sympa. On visite gentiment, on prend quelques photos, mais se retrouver si près de notre point de départ au Canada nous donne une impression de début de la fin, mais on profite bien de ces moments.
La saint-Patrick fait beaucoup de bruit, mais difficile de trouver une terrasse où l’on sert de la bière et des crèmes glacées, ce sera donc au détail à l’hôtel.
La cuisine de l’auberge et les magasins locaux nous permettent de nous remettre aux fourneaux, ca redevient moins cher que d’aller au restaurant. Impression confirmée par notre journée « petits plaisirs » tenue à l’occasion de l’anniversaire de Sophie. Un petit déjeuner à 3,5$ le petit pain au chocolat (prix non affichés, soit un peu moins de 3€), nous retiens de prendre une viennoiserie au même endroit. Nous attendrons de rejoindre un étal de boulanger pâtissier français. Pour clôturer la journée, on s’offrira un petit resto indien, et quelques goûtes de transpiration façon ‘’trop épicé peut-être’’.
Le verdict concernant les pâtisseries canadiennes sera définitif : « Les Canadiens ne savent pas faire les desserts, et les français installés ici sont simplement trop mauvais pour rester en France ». Impression à compléter par « Les Canadiens consomment le chocolat comme des adolescents boivent de la bière, en rajoutant trop de sucre pour oublier l’amer ».
Prochaine étape : Retour à Montréal !