De retour à High Level, nous ne souhaitons qu’une chose, remercier Rick pour la semaine écoulée. Et les conditions météo seront là pour nous aider. Pendant les 7 jours qui suivront notre retour de Yellowknife, le téléphone sonnera tout les jours entre 5 et 6h du matin pour m’inviter à me préparer à aller dégager le parking du supermarché, même pour une poignée de flocons. Les journées se poursuivant ensuite jusque 18h par des décisions et les contre décisions incessantes nous laissant constamment dans l’impossibilité d’anticipé notre planning. Le souci de remercier Rick est tout doucement remplacé par une envie de dormir. Après quelques jours, en fin d’après midi, Rick nous lance un regard de cocker accompagné d’un : « Vous avez reçu un message de Jane ? »… Apparemment, Jane surveille ses dépenses et suites aux trop nombreuses visites de Rick au fast food, elle devait nous demander de cuisiner pour Rick. On n’avait bien prévu de l’inviter à souper de temps en temps, mais tout les jours ! Il est très gentil, mais on le côtoie déjà dans les 14h par jour et il a tendance à s’éterniser le bougre…
Enfin, dans cette frénésie de prises de décisions, un jour Rick arrive pour nous dire qu’il partirait quelques jours pour Edmonton (600km Sud) en fin de semaine. Au final, il partira le lendemain pour Hay River (300 km Nord), et on ne le verra plus qu’en coup de vent au cours des trois semaines qui nous restent à High Level.
Les premiers jours de son absence s’avèreront épuisant, il neigera 10cm en 3 jours. Le monde entier nous prévient que le ciel plein d’aurores boréales, mais la neige nous empêche de bien voir. Etant seul pour faire le travail, je me réveille donc encore plus tôt pour préparer le chasse-neige, et j’y retournerai même en fin de soirée quand tout le monde est parti pour finir le travail. La journée, on s’occupe des tâches ménagères qui nous sont incombées dans les maisons. Heureusement pour moi, Sophie me laisse dormir dans les maisons inhabitées pendant qu’elle s’occupe du nettoyage. (That’s the canadian way !).
Et puis le ciel se dégage, les températures remontent et la liste des tâches s’épuise. Il nous reste deux maisons à nettoyer par semaine, l’une est tellement bordélique que l’on n’y fait presque rien, l’autre tellement propre qu’il n’y a rien à faire. On fera ce qu’on pourra pour s’occuper, mais nettoyer des maisons qui pour certaine n’ont pas été occupée depuis un an, ca casse la motivation et les journées de travail se font de plus en plus courte.
Quand le thermomètre repassera le zéro degré, un regain d’activité nous prend : la neige s’est effondrée du toit du supermarché, et le produit lave vitre cesse de geler. C’est donc parti pour ma dernière tournée de chasse neige qui se finira sous une aurore boréale, elles sont plus fréquentes depuis qu’on est revenu du Nord. On pourra observer des comportements différents. Mais elles ne seront jamais aussi grandioses que celle observée à Hay River.
Les semaines s’écoulent donc paisiblement, Rick fera étape quelques fois au Ranch, mais son engouement face à notre travail nous confirme dans notre train-train. On en profitera pour faire un peu de ski de fond, visiter le musée local et puis c’est tout ce qu’il restait à faire dans la région. Pour la petite histoire, le musée est tellement sollicité que ce n’est qu’à notre arrivée que la gardienne s’est rendu compte qu’elle avait oublié d’ouvrir la porte.
Notre dernière semaine sera plus mouvementée, le chauffage du B&B tombe en panne, plusieurs maisons sont à faire visiter ou à louer. On sent à nouveau que notre présence a un sens et c’est donc le cœur léger que vient le jour du départ.
Pour notre départ, Rick et Jane nous ont trouvé un couple assez âgé qui se rend à Grand Prairie. Très chaleureux, mais pas très causant, on ne saura jamais ce qui les amènera à la ville.
Maintenant, commence vraiment notre voyage pour Banff, arrivé à 12h à Grand Prairie, il nous faudra attendre notre premier bus qui part à minuit. Le parcours sera terrible, la route est une catastrophe et donc très dur de dormir un minimum, ce qui n’arrange rien, notre voisin un peu « high » fera également un peu peur à Sophie. Heureusement, la nature nous gratifiera d’une dernière aurore boréale pour la route.
Après 6 bonnes heures de bus, nous arrivons à Edmonton. On apprend qu’il fallait réserver le bus pour Calgary, c’est apparemment le seul bus du Canada a réserver à l’avance, résultat des courses, on doit prendre le suivant… 8h plus tard. En plus on est dimanche et Edmonton est plus mort que jamais, on erre donc dans le centre commercial en compagnie d’autres errants de la société en attente de l’ouverture des food courts.
Arrivé à Calgary avec un peu trop de retard, nous sommes heureux de voir que notre bus pour Banff est dans le même cas. Nous arriverons donc à 9h du soir après 5h de covoiturage, 13h de bus et 20h d’attente.
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