De l’eau a
coulé sous les ponts depuis le dernier mot, et les bourgeons ont enfin éclos.
Notre boucle Halifax-Cap Breton – Ile du prince Edouard commençait par un défi,
faire environ 2000km sans bus et sans
exploser le budget.
Montréal-Halifax,
se fera en train, le prix du billet est un peu plus élevé, mais le confort est
au rendez-vous et on a bien le temps de profiter du paysage avec une vitesse
moyenne de 50km/h.
Halifax
comme la végétation environnante est encore sous l’effet du dégel, c’est le
mois de mai, mais ici, ca ne veut pas encore dire qu’on peut sortir de chez
soi. La ville est un peu décevante, leur fameuse citadelle fait figure de
maquette en comparaison de ce qu’on trouve en Belgique et seul le musée
maritime vaut le détour avec une section spéciale dédiée au sauvetage du
Titanic et une autre sur l’histoire d’un bateau destiné à porter une aide
humanitaire aux belges pendant la première guerre et qui finira en plus grande
explosion humaine non-atomique de tout les temps.
La
rencontre d’un couple australo-écossais nous fera écourter bien volontiers
notre séjour à Halifax pour nous rendre directement au cap Breton en leur
compagnie. Ils sont très sympas, mais apparemment il arrive que l’écossais
ronfle à réveiller les morts.
L’auberge
du cap Breton, nommé Bear on the Lake, a plus ou moins ouvert ses portes justes
pour nous, on est arrivé 10 jours avant l’ouverture officielle de la saison, il
fait un temps superbe, la vue est magnifique, mais l’auberge est au milieu de
nulle part. Heureusement l’aubergiste en est bien conscient et se plie en
quatre pour organiser nos activités.
Je
commencerai tout seul par une randonnée de 4h. Une vraie rando canadienne, le
paysage de carte postale et un balisage capable de perdre un indien dans son
jardin. Je pourrai observer énormément de trace d’orignal et une trace d’ours,
quand la forêt se met à trembler, une forme noire disparaît de ma vue, je ne
saurai jamais ce que c’était, mais j’ai vu une grosse bête.
Quelques
jours, plus tard nous louerons une voiture, mais la pluie s’en mêle et ca casse
un peu l’ambiance. Le premier jour, on se contentera de rendre visite au musée
Alexander Graham Bell à Baddeck, très chouette musée en fait. Le second jour,
nous ferons la localement célèbre Cabbot trail, un des plus beaux road trip du
monde. Le temps au brouillard nous gâchera un peu les paysages, mais la route
vaut le détour. De nombreuses petites randonnées et point de vue, jalonne le
parcours, ainsi que 2 apparemment grandes villes. La première, Cheticamp était
pleine de vie, la seconde Ingendish totalement désertée. Pas de chance pour
nous, à la vue de la première, on avait pensé dîner à la seconde. Enfin,
quelques villages de pêcheurs, 2-3 phares et nous voilà de retour à l’auberge.
Le reste de
notre séjour à l’auberge sera plus casanier, la météo ne se prêtant pas
vraiment aux folies de plein air. Ca arrange bien le patron qui doit partir
plusieurs jour retrouver sa dame à Halifax et nous embauche comme gardien pour
la fin de semaine.
Le trip
jusque Charlottetown commence par une navette qui nous déposera au ferry.
Navette un brin dispendieuse pour le confort, 8 places et un tout petit coffre
pour nos 2 sacs à dos, une poussette et les bagages du gros qui ronfle à l’arrière
(on le soupçonne de faire semblant de dormir pour ne pas avoir à céder de la
place).
S’en suit,
la traversée en ferry, la politique de l’île est intéressante, c’est gratuit
pour aller sur l’île, mais pas pour en sortir. L’arrivée sur l’île du prince
Edouard étant à environ 40km de Charlottetown, on prospecte rapidement nos
chances de faire du stop. Un bateau rempli de petits vieux en 4x4, 2
banquettes, on pensait que ce serait facile, mais le bateau s’est vidé
entièrement en nous exposant les 1001 manières de nier un autostoppeur.
On va donc
se placer un peu plus loin sur la route, juste à côté d’un stop, et chance le deuxième
véhicule qui passe est d’accord de nous prendre. En guise de véhicule, c’est un
15tonnes qui fait le tour de l’île afin de livrer du poisson ici et là. Le
chauffeur, un Terre-Neuve à l’accent impossible nous proposera rapidement de
détourner sa route afin de nous déposer directement à Charlottetown, pour le
remercier je l’aiderai à livrer son poisson.
Charlottetown
est une ville très jolie et très paisible, le business le plus répandu est le
cours de yoga et le homard. L’auberge est sympa et propice aux rencontres. La
cuisine est le point centrale de l’auberge, un petit déjeuner sympa, un système
de détection d’incendie tellement perfectionné que tout le staff de l’hôtel est
sur le pied de guerre dès qu’un peu de fumée sort de la poêle, et une odeur
perpétuelle de homard ramené du coin de la rue. C’est là, que pour rendre
service, nous sous-louerons une voiture directement à l’auberge.
L’île est à
l’image de Charlottetown, très jolie et très paisible, l’idéal pour sa
retraite. Au niveau activité, peut-être un club de plongée (fermé) sur toute l’île.
Mais plein de phares et de plages de cartes postales, je dois réveiller Sophie
à chaque fois qu’il y a quelques choses à voir, la route la berce. A refaire,
on prendrait peut-être le vélo, mais Sophie ne le sentait pas trop et le prix
de location des vélos à l’auberge était un peu aberrant.
En
attendant, une rumeur annonce la remise en service des bus locaux pour le 16
mai au matin, notre train réservé à l’avance quittant Moncton le 16 mai, nous
décidons de tenter la jonction la veille au pouce. Il nous faudra 4h et 3
voitures pour arriver au pont qui quitte l’île, soit 50km sur 200. Au milieu
des 4x4 et autres grands modèles, il faudra attendre une petite vieille dans sa
cacahuète aux sièges rabattus pour nous prendre sur les premiers 40 km. Plus loin,
un petit vieux décidera qu’on aura plus de chance 500m plus loin et nous fera
donc gagner 500m. Finalement, un type hilare prendra le temps de nous déposer à
la station de péage du pont. Le point paraît idéal pour faire du stop, Moncton
étant à priori, une des premières villes de l’autre côté du pont. Il ne faudra
toutefois pas attendre 5’ pour qu’un gentil monsieur de la police du pont nous
fasse perdre 2km car il est interdit de faire du stop là où les voitures s’arrêtent.
Renseignement
pris, la reprise des autobus pour le lendemain matin se confirme et en bonus le
ticket est gratuit pour se faire pardonner. On se trouve un petit motel vite
fait et on espère que ce bus existe vraiment.
A partir de
là, tout se passera bien, une photo du bus confirme son existence, et Sophie
passera même sur la chaine télé locale en tant que première utilisatrice
francophone de ce bus (on était 7). Le train nous emmène d’une traite de 18h à
Montréal où on trouve à notre arrivée un petit job de gardien d’auberge (vide)
intérimaire.
En
attendant, la raison première de notre passage à Montréal, et en fait de la plupart
de nos passages récents à Montréal, ce sont les rendez-vous gynécologiques durement acquis de Sophie. Et les résultats de
l’échographie, sont les suivants :
-
Tout
va très bien
-
Il/elle
vient de Vancouver
-
Il/elle
ne naitra probablement pas le 4 décembre comme prévu initialement, mais plutôt
fin novembre (quoi que je croise encore les doigts pour ca)
-
il/elle
a au moins 9 orteils
-
la
3D à 3 mois, ce n’est pas une bonne idée
Et une
autre bonne nouvelle, c’est que Sophie va bien et sort doucement de la période
d’inconfort qui suit la mise en production du futur nourrisson.
Pour la
suite, on a prévu de donner à Québec une nouvelle chance, avant d’aller voir
les baleines, les ours et les castors à Tadoussac. Le tout ponctué d’un saut au
musée du fjord de Chicoutimi.
Bonjour-Bonsoir,
RépondreSupprimerje débarque sur votre blog pour la première fois en apprenant cette toute belle nouvelle. Sophie, tout ça m'a rappelé la première fois où tu m'avais parlé de Régis, que d'aventures se sont passées depuis! En vous souhaitant tout le meilleur et puis vous recroiser prochainement,
bises depuis Kinshasa
Claire H.