jeudi 9 février 2012

Yellowknife

En parlant de pauvre communication en matière de calendrier, ce n’est pas toujours négatif. C’est ainsi qu’après deux semaines de séjour à High Level, Rick nous demande de faire le ménage dans les maisons en ville pour la deuxième fois de la semaine car demain on part à Yellowknife. On ne prévoit actuellement pas de neige sur High Level et la fréquentation du B&B est inexistante.

En plus de nous faire voir du pays, cette visite de Yellowknife devrait nous permettre de remplir l’objectif n°1 de notre séjour à High Level : les aurores boréales. Malgré une situation privilégiée et une vérification régulière du ciel, nous n’avons pas encore eut l’occasion d’observer ce phénomène.  Et de fait, lors de notre étape à Hay River, nous pouvons observer, sans y passer la nuit, notre première petite aurore boréale, suffisamment importante pour qu’on puisse l’identifier comme tel, elle possède très peu des qualités qui en font les premières pages des livres d’images.

Ce qui est par contre terrifiant dans la région, c’est l’électricité statique. Pas question de se lâcher la main sous peine de choc au prochain contact sans parler du risque d’être aveugler par l’éclair associé à ce coup de foudre sans cesse renouvelé, les couvertures en polar font systématiquement un bruit de papier bulle passé au bulldozer, sans parler de nos coiffures plus « aériennes » que d’habitude.

Après une nuit à Hay River, nous prenons le long chemin de Yellowknife.  A hauteur de Fort Providence, un pont de glace prend la relève sur le ferry pour faire circuler les véhicules léger. Les services locaux travaillent à rendre la route suffisamment épaisse pour  laisser passer les camions de plus grand calibre. Plus loin sur la route, on traversera une réserve de bisons qui heureusement resteront sur le bord de la route pour nous regarder passer paisiblement.

Le premier site de Yellowknife est sont aéroport, le plus actif du Canada en terme d’avions. Pas de long courrier, mais étant situé à plus de 10h de route de la première grande ville et étant le point de ravitaillement de tout les petits postes réparti dans les territoires, ce n’est pas vraiment étonnant. En plus de cela, cet aéroport est l’hôte de la compagnie Buffallo et de son célèbre show TV – Ice Pilots

Pendant notre séjour à Yellowknife, nous dormirons chez leur fille qui peuple l’appartement mis à la disposition de Jane par le gouvernement local pour ses visites à Yellowknife. Nous visiterons entre autre le bâtiment législatif, le traditionnel centre d’information touristique, quelques galeries d’art locaux, et sillonnerons la région afin de profiter des nombreuses anecdotes fournies par Rick sur les mines d’or et de diamant ou encore une autre route de glace qui mène à une communauté de natif. La roue de glace était particulièrement impressionnante, de par les variations d’épaisseur causée par d’ancienne cassure que l’on pouvait observer  facilement grâce à la transparence de la glace mais également par les mouvements de la neige provoqués par un vent suffisamment fort que pour nous pousser.

La ville de Yellowknife passera dans nos villes préférées du Canada. Peut-être que le prix exorbitant des terrains n’autorise que des personnes ayant les moyens de construire autre choses qu’une cabine aide à ce constat. Mais la conservation de bâtiment en rondin de bois, la présence imposante du lac gelé, de ses boats houses et de sa piste de décollage, un panel de couleur plus varié et plus vif, l’intégration d’un relief plus rocailleux (certain bâtiments intègrent les rochers dans leur construction) et l’atmosphère locale qui participe à cette impression.

Si la météo devait être clémente à High Level, ici la température ressentie tourne autour des -40°C, il est temps de m’acheter un bonnet. Et c’est en allant se réchauffer autour d’un café au dancing moose que nous flashons sur notre premier souvenir pour la maison : une paire de lunette d’eskimo taillé dans du caribou.

Le temps est froid et venteux, mais hélas enneigé et nuageux ce qui est peu propice à l’observation des aurores boréales. C’est donc toujours plus ou moins bredouille que nous reprendrons le chemin de High Level avec comme petit lot de consolation, l’observation d’un loup perdu à la sortie de la ville.

L’étape de Hay River se révèlera finalement plus généreuse et c’est tout les deux sur les bords du lac que nous pouvons observer une vraie grande aurore boréale. Une énorme courbe verte déchire le ciel et évoluera lentement au cours du temps. Le ciel est réellement impressionnant mais le phénomène est tellement particulier qu’il en est indescriptible. Toutefois, il faut lutter contre le froid pour profiter du spectacle et après quelques temps, nous nous réfugierons chez les enfants de Rick et Jane pour nous réchauffer entre deux sorties d’observations. Ils possèdent une énorme baie vitrée orientée vers le lac, mais aujourd’hui ce ne sera pas un point d’observation idéal. (L’appareil photo ne dispose apparemment pas d’option nocturne d’où l’absence de photo).

C’est donc comblé que nous irons nous coucher cette nuit là…

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