C’est donc juste avant la nouvelle année que nous embarquons pour La ville de High Level vers 7h dans la voiture de ce vieux couple en visite à Edmonton. Après 7h de route, nous arrivons dans leur ranch, une magnifique demeure dominant le ranch, sert d’hôtel et d’endroit de retraite, le domaine possède également en plus des installations nécessaires au fonctionnement du ranch et de son troupeau de 200 têtes un luxueux Bed and Breakfast et 2 spacieuses cabines.
L’une de ces cabines de plus de 100m² nous servira de demeure pour les semaines à venir. Cuisine tout équipée, TV satellite, confortable salon, salle de bain, salle de douche, toilettes séparées, lit King size. Bref, un rêve éveillé avec la petite musique du bonheur parfait en toile de fond. Et comme dans tout film qui se respecte, l’aiguille du tourne disque saute et scratche la musique le lendemain matin, vers 5h du matin quand le téléphone sonne pour me demander de me préparer en vitesse. Ce ne sera qu’une fois arrivé sur le parking du supermarché que j’apprends qu’il faut déneigé les trottoirs…
Pendant 2h de pelle à neige, les spéculations vont bon train, Rick serait-il une espèce de Forrest Gump dont l’occupation est de déneigé la ville? Rien qu’à High Level, en plus du ranch, ils possèdent 16 maisons en ville et des terrains qui couvrent une superficie équivalente à la moitié de la ville. Cette activité impromptue est que pour entretenir toute ces propriétés, ils ont achetés des machines relativement couteuse et un contrat de déneigement du parking leur permet de rentabiliser cet investissement. Après le déjeuner, il faudra encore déneiger les allées des 16 maisons, les chemins du ranch et du B&B et plus si affinités. Ce traitement sera systématique dès que la météo l’imposera.
Heureusement, il ne neige pas tout les jours le reste du temps est principalement destiné aux maisons en ville. Une fois par semaine, Sophie est chargée de faire le nettoyage dans trois d’entre elle, tandis que les maisons inoccupées profitent des talents acquis l’année dernière dans la rénovation de notre appartement.
La lutte pour l’égalité des sexes n’est pas encore arrivée jusqu’ici, et honnêtement, je ne suis pas sûr qu’elles ratent quelques choses. Il est très mal vu que Sophie approche une pelle à neige ou participe à un labeur physique, par contre elle a la priorité aux fourneaux et au ménage. En échange, il est tout à fait convenable que je participe aux ménages des maisons et pratiquement sous entendus que donner un coup de main à la vaisselle est le bienvenu. Tout ca n’empêche pas Jane, notre hôtesse, d’être membre du parlement des territoires du Nord Ouest (même si elle est la seule femme sur 19 élus).
Rick et Jane sont nos hôtes du moment, Rick est un ingénieur mécanicien retraité et gère le quotidien de toute ces activités à High Level. Jane, quand elle ne siège pas au gouvernement de Yellowknife, passe la majorité de son temps à Hay River, une ville situé un peu plus au nord (300km) où ils possèdent également des appartements, 2 Bed and Breakfasts, un restaurant et diverses activités immobilières. C’est une manière assez particulière de vivre ensemble, bien que catholique très pratiquant, ils se voient en moyenne un week-end sur deux et habitent régulièrement leurs immeubles de fonction. Ils ont réussis à avoir 3 enfants dont un seul est lié aux activités immobilières de Hay River, leur autre fils ayant migré vers Edmonton, et leur fille vivant de manière autonome depuis l’âge de 16 ans à Yellowknife.
L’étendue de leur propriété ne laisse pas de doutes concernant la bien portance de leur porte monnaie, toutefois leur mode de fonctionnement est loin d’être convainquant. Rick est plus ou moins incapable de planifier un évènement plus de 2h à l’avance ou même de le communiquer dix minutes avant, ce qui nous fait poireauter à la cabine pendant parfois des heures avant de finalement embarqué pour notre prochaine mission toujours inconnue. Sophie à d’autant plus le loisir d’attendre que Rick a tendance à me demander de passer pour dix minutes qui se transforment trop souvent en deux heures. D’autres points tels que la manière d’acheter le matériel, la manière d’expliquer les nouvelles tâches ou une légère obsession de la pelle à neige rende souvent le travail plus pénible qu’il ne l’est en réalité. Jane quand à elle a tendance à acheter en seconde mains et en gros, il y a quelque part sur la propriété un entrepôt remplis de meuble et de machines à café de seconde main en quantité suffisante pour meubler une cinquantaine de nouvelle chambre d’hôtel.
Heureusement, sur un plan humain, ce sont des gens très chouette, ouvert à la conversation et aux échanges, soucieux de notre confort et désireux de nous faire découvrir leur région et leur travail.
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