samedi 5 novembre 2011

Un peu plus sur l'amitient


Nos amis

Sacha est autiste, c’est l’anglophone de la bande.  Il sait s’exprimer surtout par phrase type « maybe not today », « let it be », rarement  à propos. Mais après une grande concentration de sa part, il parvient à demander ce dont il a besoin et cela avec les formules de politesse de rigueur. Il reste la plupart du temps incroyablement stoïque ce qui rend difficile la perception que nous avons de son état d’esprit.

Sacha aime les pizzas, Batmaaaan ( sujet de son puzzle préféré et dont il scande le nom régulièrement), répéter les noms, (Sophie ou Sophia pour moi, Régis, René, Eric, Vincent,… pour Régis), les poignées de mains élaborée, lire des histoires, faire des puzzles,…

Sacha n’aime pas être éclaboussé par de l’eau.

Denis est trisomique, il ne parle que très peu mais il sait s’exprimer sur ce qu’il aime. C’est ainsi que l’on entend le mot « citrouille » toutes les dix minutes lorsque l’on est en sa présence. Il communique principalement par signe. Il aime beaucoup la proximité des autres : donner la main, faire des bisous, … c’est certainement le plus agréable des amis au quotidien.

Denis aime dessiner, s’exprimer par signe mais de façon si ample que l’on croirait une danse, faire des bisous,  ramasser les poussières grâce à sa balayette et sa ramassette  mais surtout, Denis aime les citrouilles dont il répète le nom sans arrêt.

Martin  ne parle pas du tout mais s’exprime par signe. Il a des difficultés pour marcher  mais il est toujours le premier lors des longues marches de l’après-midi. Malgré son mutisme et son air détaché, il est clair que 

Martin est le plus conscient de ce qu’il entoure. Il a généralement une mine renfrognée mais ses éclats de rire soudain et ses élans d’affection pour Sacha ou David le transfigurent fréquemment.

Martin aime se balancer dans se chaise à bascule, écouter de la musique, être en voiture, regarder des essuie-glaces (sa récompense après une journée sans accros).

Martin n’aime pas manger des choses blanches, être contrarié.

Patrick ne réside pas à la maison mais il y passe trois jours par semaine. Il ne parle pas du tout et ne s’exprime que par des « Hé » criés. Il est très massif. Il est toujours souriant mais il reste toujours très impressionnant avec ses gestes brusques et ses cris. Ses pas d’ours résonnent sur les parquets de la maison  de façon impressionnante. Son surnom ici est Shrek. Si cela me choquait au début, je ne peux niés la ressemblance. Il nous aime bien car nous essayons de l’inclure dans nos travaux extérieurs autant que possible. Malgré son « petit bras », il reste une force de la nature.

Patrick aime porter des choses, effrayer les gents avec sa grosse voix et rire aux éclats après, travailler dehors avec Régis, frictionner vigoureusement le dos des gens.

Patrick n’aime pas rester à l’intérieur, rester immobile.
D’autres amis habitent les deux autres maisons de l’Amitient mais nous les avons moins côtoyés.

Les amis sont majoritairement francophones mais Sacha est anglophone. Deux des allemandes parlent anglais tandis que la dernière parle français. Pas évident parfois de sauter d’une langue à l’autre sans arrêt.

La journée est rythmée par de nombreux rituels : le « morning circle » (petite chanson que l’on fredonne en se tenant les mains),  petite phrase avant et après chaque repas, le snack à 15h, un point de la journée avec chacun des amis avec David sur le ton de la conversation,  l’ « evening circle » sans parler de toutes les tâches quotidienne où chacun a son rôle. Par exemple pour mettre la table : Sacha met les tasses et rempli les cruches, Denis met les chaises, Martin met les assiettes et les couverts.

L’endroit était présenté comme une ferme thérapeutique riche en animaux. Si l’aspect thérapeutique saute aux yeux l’aspect ferme est nettement moins évident. On nous explique très vite que l’association est dans une année charnière  et qu’une pause s’est imposée de ce côté-là. Les créateurs de l’Amitient sont en train de quitter l’association pour une retraite bien méritée et le jeune couple  qui le remplace n’y connait pas grand-chose.  Ils semblent souvent ne pas trop savoir où ils vont, ne pas savoir quoi nous de demander  et attendre de notre part des avis éclairés. Nous faisons de notre mieux pour être efficaces et utiles à l’amorcement de la future ferme. Quelques jours après notre arrivée, 28 poules installent leur quartier dans l’étable. Tout de suite, on se sent un peut plus à la ferme.

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