mardi 29 novembre 2011

De Mont Tremblant (Québec) à The Pas (Manitoba) en passant par Winnipeg (Manitoba).


Pour une planification du voyage au moins cher, une première recherche nous fait rapidement découvrir que Ryanair a de beau jour devant lui de ce côté de l’Atlantique : ca coute pratiquement plus cher de rejoindre Winnipeg en avion que de rentrer en Belgique. Un coup d’œil aux chemins de fer nous fait comprendre que leurs informaticiens ne sont pas des génies et les vagues informations que nous obtenons nous portent à croire que le bus est moins cher. Ce sera le bus et avec une compagnie comme Greyhound, on devrait profiter d’internet et de prises électriques pour occuper nos 3 jours et 2 nuits de trajet. (En plus, on economise 2 nuits d’hotel)

Le jour du grand voyage arrive et après 10’ de voiture,  on fait une première étape de 2h à Saint-Jovite où nos hôtes nous ont gentiment déposés aux premières heures de la journée. Nous pensions connaitre le village par cœur, mais la visite du Dollarama une veille d’Halloween reste très amusante.

Finalement, notre bus pour Montreal arrive et nous offre nos 3 premières heures de car. Accompagné par 20’ de métro pour arriver à la gare des bus de Montréal vers 14h. Notre bus part à 21h. Comme nous avons quelques heures à Montréal, on s’empresse de profiter un peu de la ville. Au programme, bouquiniste, et surtout arrêt chez Juliette et chocolat, pour une pause chocolat chaud et brownies.

En poireautant dans la gare, on se rend compte qu’un autre bus part une heure plus tôt donc changement de plan, finalement on partira à 8h, comme ca on aura une meilleure place dans le bus suivant. Première surprise, le standing du bus Montréal-Ottawa n’est pas le même que celui New-York-Montréal, ce sera donc sans connexion internet, sans prise électrique et puis merde, sans lumière : deux heures de voyage il y a des gens qui pourraient dormir…. Heureusement qu’on a prévu des sudokus !!!

A 22h 40 on arrive à Ottawa, et c’est reparti pour  1h20 de glande dans la gare de bus en attendant la correspondance. On dort comme on peut dans le car mais ça fait partie du charme du voyage.  6h arrivée à Sudbury et nouvelle correspondance à 7h15. De là commence réellement la traversée de la province d’Ottawa. Mais à 10h… arrêt, on  nous annonce qu’il y a un problème mécanique et qu’on en a au moins pour deux heures,  tout le monde en profite pour se dégourdir les jambes et visiter la charmante superette. 

Finalement, on restera  6h à Bruce Mine,  nom de cette pittoresque bourgade sur les rives du lac Huron, située pratiquement à mi distance entre deux escales, ce qui est très pratique pour attendre un bus de remplacement.  Etonnamment, tout le monde est resté zen, et on n’a remarqué aucun signe d’agacement, mais le petit resto routier situé en face du bus à du faire son chiffre de la semaine. 

Nous avons ensuite longé le lac Supérieur  qui, de la rive, ressemble plus à une mer, cette eau calme jusqu’à l’horizon couverte d’un rien de brume donne littéralement une petite impression de bout du monde. La deuxième nuit a été moins sympa car notre charmant voisin a décidé de travailler sa maitrise de la guitare discrètement. Ben même discrètement, quand on ne sait pas jouer, ça reste très pénible.  

 Arrivée à Winnipeg vers midi. La traversée de la ville faite en car ne nous fait pas bonne impression, en fait la ville est vraiment laide, Charleroi a de la marge. Traversée de la ville à pied avec les sacs à dos et arrivée à l’auberge.  Et là, ho surprise, on a un lit géant, la télévision,… pour nous tout seul. Le programme du reste de la semaine est vite fait : grasse mat jusqu’à midi, petit tour en ville pour bien confirmer que c’est moche et retour dans notre antre. Winnipeg reste la ville natale de Winnie l’ourson, mais la statue est trop loin, en fait Winnipeg reste la ville natale de Winnie l’ourson, mais la statue est trop loin, on fait l’impasse pour cette fois.

Après une nouvelle étude de marché, c’est le train que nous emprunterons jusqu’à The Pas. C’est plus lent (14h pour 600km) mais exceptionnellement moins cher. Nous quittons donc Winnipeg dimanche midi. Ce train habituellement très peu fréquenté a plus de passagers que d’habitude. En effet, à Churchill (prochain arrêt 1000km après The Pas), c’est la saison des ours blancs qui attirent les touristes d’octobre à mi-novembre. On s’est renseigné pour y faire une excursion, c’est laaaaargement hors de prix.

Nous devions prévenir Oggie (notre hôte à The Pas), d’un éventuel retard et confirmer l’heure de notre arrivée (quelle planification !!) ce que nous n’avions pas prévu, c’est qu’une fois loin de Winnipeg, il n’y a plus de réseau. Nous arrivons à 2h du matin à The Pas, nous sommes les seuls à descendre du train, et notre hôte arrivera quelques instants plus tard : Oggie Pelov.

samedi 5 novembre 2011

Un peu plus sur l'amitient


Nos amis

Sacha est autiste, c’est l’anglophone de la bande.  Il sait s’exprimer surtout par phrase type « maybe not today », « let it be », rarement  à propos. Mais après une grande concentration de sa part, il parvient à demander ce dont il a besoin et cela avec les formules de politesse de rigueur. Il reste la plupart du temps incroyablement stoïque ce qui rend difficile la perception que nous avons de son état d’esprit.

Sacha aime les pizzas, Batmaaaan ( sujet de son puzzle préféré et dont il scande le nom régulièrement), répéter les noms, (Sophie ou Sophia pour moi, Régis, René, Eric, Vincent,… pour Régis), les poignées de mains élaborée, lire des histoires, faire des puzzles,…

Sacha n’aime pas être éclaboussé par de l’eau.

Denis est trisomique, il ne parle que très peu mais il sait s’exprimer sur ce qu’il aime. C’est ainsi que l’on entend le mot « citrouille » toutes les dix minutes lorsque l’on est en sa présence. Il communique principalement par signe. Il aime beaucoup la proximité des autres : donner la main, faire des bisous, … c’est certainement le plus agréable des amis au quotidien.

Denis aime dessiner, s’exprimer par signe mais de façon si ample que l’on croirait une danse, faire des bisous,  ramasser les poussières grâce à sa balayette et sa ramassette  mais surtout, Denis aime les citrouilles dont il répète le nom sans arrêt.

Martin  ne parle pas du tout mais s’exprime par signe. Il a des difficultés pour marcher  mais il est toujours le premier lors des longues marches de l’après-midi. Malgré son mutisme et son air détaché, il est clair que 

Martin est le plus conscient de ce qu’il entoure. Il a généralement une mine renfrognée mais ses éclats de rire soudain et ses élans d’affection pour Sacha ou David le transfigurent fréquemment.

Martin aime se balancer dans se chaise à bascule, écouter de la musique, être en voiture, regarder des essuie-glaces (sa récompense après une journée sans accros).

Martin n’aime pas manger des choses blanches, être contrarié.

Patrick ne réside pas à la maison mais il y passe trois jours par semaine. Il ne parle pas du tout et ne s’exprime que par des « Hé » criés. Il est très massif. Il est toujours souriant mais il reste toujours très impressionnant avec ses gestes brusques et ses cris. Ses pas d’ours résonnent sur les parquets de la maison  de façon impressionnante. Son surnom ici est Shrek. Si cela me choquait au début, je ne peux niés la ressemblance. Il nous aime bien car nous essayons de l’inclure dans nos travaux extérieurs autant que possible. Malgré son « petit bras », il reste une force de la nature.

Patrick aime porter des choses, effrayer les gents avec sa grosse voix et rire aux éclats après, travailler dehors avec Régis, frictionner vigoureusement le dos des gens.

Patrick n’aime pas rester à l’intérieur, rester immobile.
D’autres amis habitent les deux autres maisons de l’Amitient mais nous les avons moins côtoyés.

Les amis sont majoritairement francophones mais Sacha est anglophone. Deux des allemandes parlent anglais tandis que la dernière parle français. Pas évident parfois de sauter d’une langue à l’autre sans arrêt.

La journée est rythmée par de nombreux rituels : le « morning circle » (petite chanson que l’on fredonne en se tenant les mains),  petite phrase avant et après chaque repas, le snack à 15h, un point de la journée avec chacun des amis avec David sur le ton de la conversation,  l’ « evening circle » sans parler de toutes les tâches quotidienne où chacun a son rôle. Par exemple pour mettre la table : Sacha met les tasses et rempli les cruches, Denis met les chaises, Martin met les assiettes et les couverts.

L’endroit était présenté comme une ferme thérapeutique riche en animaux. Si l’aspect thérapeutique saute aux yeux l’aspect ferme est nettement moins évident. On nous explique très vite que l’association est dans une année charnière  et qu’une pause s’est imposée de ce côté-là. Les créateurs de l’Amitient sont en train de quitter l’association pour une retraite bien méritée et le jeune couple  qui le remplace n’y connait pas grand-chose.  Ils semblent souvent ne pas trop savoir où ils vont, ne pas savoir quoi nous de demander  et attendre de notre part des avis éclairés. Nous faisons de notre mieux pour être efficaces et utiles à l’amorcement de la future ferme. Quelques jours après notre arrivée, 28 poules installent leur quartier dans l’étable. Tout de suite, on se sent un peut plus à la ferme.

mardi 1 novembre 2011

Wwoofing : le retour.


Le dernier jour de notre wwooffing a Ormstown arrivé, on saute dans le premier bus pour Montreal, partagé entre le sentiment de laisser ce couple dans les em… et l’envie de foutre le camp.

Notre passage a Montréal sera très bref, à peine descendu du bus, on va chercher notre carte d’abonnement social, nous pouvons avoir bonne conscience de revenir d’Ormstown si tôt.  Et on se pose chez ce bon vieux Jean (mais pas de van pour cette fois), l’objectif unique de ces 2 jours : trouver un restaurant pour nos 3 ans et y aller. C’est très délicat de trouver un restaurant dans un budget défini, outre les taxes et les pourboires, il apparait qu’un simple accompagnement peut signifier un supplément qui sera à son tour taxé et tippé.  Enfin, notre choix se porte finalement sur un vietnamien, dont la cuisine s’avèrera plus légère que ce qu’on a coutume de rencontrer en Belgique. Le vin, un bon petit blanc australien acheté par nos soins chez le dépanneur du coin. Bref, bon choix.

Le Samedi  arrivé, 1 métro et 2 fois 2 heures de bus plus loin, nous arrivons à Saint-Jovite/ Mont-tremblant, on vient de passer l’automne en accéléré : à Ormstown, les arbres commençait à changer de couleurs, et à Saint-Jovite, le festival des couleurs se terminent et la rougeur des forêts se teinte déjà d’un brun naissant.

Améthyst, vient nous chercher à l’église et nous mène à la ferme de l’Amitient, une ferme communautaire socio-thérapeutique qui accueille en internat différents types de personnes handicapées, principalement des autistes. La famille qui nous accueille reçoit également trois jeunes stagiaires allemandes qui occupent le sous-sol de la ferme, nous occuperons donc un petit appartement situés au dessus du garage (ben tiens), ce sera spacieux et chauffés, mais toutes les commodités sont dans le bâtiment principal à une trentaine de mètre.
Rapidement, nous sommes rassurés sur cette adresse de wwooffing, c’est un vrai lieu d’échange, où nous partageons étroitement les repas et la vie de la communauté. C’est donc le plus naturellement du que nous participerons à Thanksgiving, aux excursions des « amis », aux réunions communautaires…

Pour ce qui est du travail, c’est plus coulant aussi, David et Amethyst nous lancent des pistes pour nous occuper et nous choisissons. Finalement en deux semaines, nous préparerons, à la force de nos bras, les plates bandes d’un grand jardin et le sol de la serre, quelques aménagements au poulailler et un support dans leur tendance à déplacer des choses d’une place à l’autre tout les jours. Sophie donnera également un coup de main à la cuisine et aux soins des amis. Mais nous ne réaliserons pas la rocaille étagée destinée à agrémenté le chemin d’accueil, ni le système de hallage destinés à rallier un cabane à sucre, très jolie soit dit en passant,  localisée 500m dans la forêt (mais je crois qu’une mule leur coutera moins de soucis).

Ici, nous avons droit à 2 jours de congé par semaine, mais comme il n’y a pas internet à la ferme, nous les consommons pratiquement tous en expéditions à bicyclettes, jusqu’à la ville, pour profiter de la connexion de la bibliothèque local, afin de garder le contact et préparer la suite de notre voyage.  Quand finalement, nous prendrons un jour de congé pour aller faire la promenade en vélo jusqu’au lac Mercier et la station de Mont tremblant, nous reviendrons trempés jusqu’aux os, louant la ville pour son service de bus munis d’un porte vélo, mais un petit effort faisant passer ce bus devant la ferme nous aurait évité un autre 10km de vélo sous la pluie.

Malgré le faible taux de connexion à la toile internet, nous trouverons rapidement une opportunité pour la suite immédiate de notre voyage. Et c’est cette fois-ci presque contrecœur que nous quittons la communauté après seulement deux semaines sur les trois prévues, mais la suite en vaut la peine donc direction Winnipeg et ses quarante heures de car...

mercredi 26 octobre 2011

Photos d'Ormstown

Notre maison a Ormstown (cliquez sur la photo pour plus d'images)

Wwooffing: Premier contact

Nous sommes à notre premier endroit de wwoofing (travail dans le domaine de l'agriculture (surtout biologique) en échange du gîte et du couvert). On travaille pour un jeune couple qui essaie de maintenir leur exploitation biologique à flot. Le travail est long, on cueille, on déterre différents légumes parfois inconnus (carottes, pommes de terre, tomates oranges, tomatilles, cerises de terre, patates douces, haricots, betteraves oranges, rouges, et la liste est encore longue mais qui ne se cueille à plus de 20cm de haut, pour le plus grand bonheur de nos dos). On aide aussi à la fabrication de produits maison (ketchup, et différentes préparations à base de légume). Cette aide consiste parfois à nettoyer et peler des tomates. Pour vous donner une idée des quantités, leur contenant n’est pas un saladier ni même un seau mais une baignoire. On prépare aussi des colis de légumes (200 par semaine), les produits pour le marché,...

Il a fait très beau la première semaine et les couleurs de l'automne commencent à apparaitre. Par contre la deuxième semaine, nous avons perdu 15 degrés en une nuit et le vent et la pluie sont maintenant de la partie.

La région est infestée de moustiques qui ne différencient ni le jour ni la nuit. Heureusement pour Régis, je suis un véritable aimant. Après deux jours, j’étais déjà dévorée tandis que Régis gardait sa peau de bébé. Après une petite étude du contenu de ma valise, je me suis composée une petite tenue de travail en multi-couche qui ne laisse que les mains et le visage accessible à ces insatiables compagnons.

Nous passons de bons moments ensemble mais nous sommes un peu déçus de ce wwoofing:
Normalement c'est environs 6h de travail/ 5 jours/semaine, on fait plus que régulièrement des journées de 9 à 12h et seulement le dimanche pour souffler. Normalement les repas sont pris en communs pour créer des échanges. Ici, nous devons aller faire nos courses et nos soupers que nous prenons à deux. On ne voit pas beaucoup les deux proprios qui nous donnent les consignes et partent travailler de leur côté.
De plus, les proprios sont un peu dans le rouge financièrement. Donc ils reportent au maximum les moments où nous pouvions faire les courses. Nous devons les payer et ils nous remboursent ensuite mais ils déduisent tout ce qui ne leur semble pas indispensable (biscuits, limonade, produit trop couteux...) Les courses sont un casse tête où nous essayons de limiter au maximum. Comme nous pensions être nourris, nous n'avions pas prévu beaucoup d'argent, et comme le remboursement des courses tarde à venir, ce n'est pas très confortable.
Heureusement pour compenser, ils nous donnent des produits « maison », relish (sauce aigre douce à base de cornichon) Ketchup maison, sirop d’érable... La présence de leurs deux enfants (William, 6 ans, et Victoria 4 ans qui adore nous aider) détend aussi l'atmosphère.
Malgré tout,  nous passons de bons moments avec Sylvie (ça ne s'invente pas), leur employée. Elle arrive sur ses 50 ans, a des jumelles (dont une s'appelle Sophie), aime nous parler de son enfance au Québec, des choses à faire, à voir dans la région,... Heureusement qu'elle est là sinon on aurait complètement loupé le côté "rencontre" du wwoofing.

Autre originalité de l'endroit, l'eau de notre " appartement " est soufrée. Ce qui se traduit par une odeur d’œuf pourri assez forte (surtout dans l'eau chaude), et une texture « huileuse ». Je ne crois pas que ce soit le top point de vue santé mais c'est excellent pour la peau et les cheveux. Pour la boire, nous devons l'aromatiser ou la congeler au préalable. J'attends avec impatience une bonne douche où l'eau ne sent pas pire que moi après une journée de travail.
Ormstown est une charmante petite ville telle que l’on peu les voir dans les films américains. Des petites maisons en bois avec leur perron s’alignent entourée de leur jardin parfaitement net.
Des petites boutiques et des petits restaurants meublent la rue principale. Ils entretiennent ce caractère pittoresque du coin car le tourisme de passage y semble important à la belle saison.

Nous quittons Ormstown jeudi pour Montréal, où nous comptons bien nous offrir un bon resto pour fêter nos 3 ans (ça va nous changer des spaget bolo). Nous quitterons Montréal déjà samedi car nous avons trouvé un autre wwoofing dans les Laurentides (région plus montagneuse au nord de Montréal, où l'automne vaut le coup selon Sylvie). Dans ce cas ci, c'est une ferme socio-thérapeutique avec des résidents mentalement déficients adultes. Je vous tiendrai au courant.